Non contents de grever les rendements des obligations helvétiques, les taux négatifs instaurés par la BNS viennent également émietter la performance des placements étrangers couverts contre le risque de change. La raison est simple: le coût d’une telle couverture est constitué du différentiel de taux entre le pays étranger et domestique. Cette problématique concerne en particulier les investisseurs institutionnels suisses qui ont comme pratique courante de couvrir leurs placements obligataires étrangers contre le risque de change. Ainsi leur quête de rendements additionnels sur le marché américain, par exemple, se heurte à un «mur» de l’ordre de 3% depuis le début de l’année en termes annualisés.

Le choix de la stratégie

Mais cette approche de couverture a-t-elle lieu d’être? Les consultants des caisses de pension suisses la privilégient pour deux raisons principales. Premièrement, nul n’a été en mesure de démontrer l’existence d’une prime de risque qui récompenserait une exposition non couverte au risque de change sur le long terme. Deuxièmement, la volatilité du taux de change est disproportionnée par rapport à celle des rendements des obligations libellées dans leur monnaie locale; contrairement aux actions pour lesquelles la volatilité des rendements en monnaie locale et domestique est du même ordre de grandeur.