Contre nos attentes, l'euro est sorti de sa fourchette de trading 1,20 – 1,24 avant même le résultat des élections aux Etats-Unis. Plusieurs raisons viennent expliquer cette accélération à la baisse du dollar. Il y a tout d'abord les statistiques publiées il y a deux semaines sur le développement inquiétant du déficit de la balance des paiements américaine (balance commerciale moins investissement net). Ce déficit a longtemps été financé par les investissements étrangers et ces derniers sont en baisse depuis plusieurs mois, 59 milliards de dollars de titres américains ont été achetés au mois d'août contre 64 milliards au mois de juillet par des investisseurs non américains.

A cela viennent s'ajouter des rumeurs selon lesquelles le futur gouvernement américain, Bush ou Kerry, ne serait pas contre un dollar faible pour aider la reprise économique américaine. Plusieurs stops ont été exécutés pendant les deux dernières semaines et le marché est aujourd'hui court dollar. Cette impulsion pourrait voir une envolée de l'euro jusqu'à 1,30 d'ici à la fin de l'année, à moins d'un discours ferme en provenance de plusieurs officiels des deux côtés de l'Atlantique. Pour les investisseurs qui désirent rester positionnés à la hausse dollar mais aimeraient se protéger contre un renversement de tendance durable, plusieurs possibilités existent: l'achat classique de calls EUR/USD, la vente de puts EUR/USD ne faisant qu'améliorer le prix de revient. Des couvertures à coût zéro peuvent aussi être envisagées et consistent à acheter des calls EUR/USD avec «knock out» et à vendre des puts EUR/USD simultanément.

Enfin, pour des investisseurs plus avertis, une autre stratégie consisterait à acheter des calls EUR/USD tout en minimisant le coût en faisant un pari sur la prime. Petit exemple, au lieu d'acheter un call EUR/USD classique 1,28 à 6 mois, à un coût de 35 000 dollars pour un million d'euros, vous payez aujourd'hui 10 000 dollars pour la même option et 10 000 dollars de plus si l'on touche 1,31 et 1,33 dans les 6 prochains mois, ou 20 000 dollars de plus si l'on touche 1,2400. Toutes ces options de couverture comportent un coût et nous conseillons aux investisseurs d'alléger une partie des positions longues dollar sur des replis vers 1,2550/ 1,2650.