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En Allemagne, les sociétés fondées par des entrepreneurs d’origine étrangère créent de plus en plus d’emplois, à l’image de Gökhan Kilic. Ce Kurde est le fondateur d’une entreprise de construction active dans le Land de Thuringe. Il emploie 13 per...
© ARIFOTO UG, dpa/Keystone

Intégration

En Allemagne, les étrangers créent toujours plus d’emplois

Selon une étude présentée jeudi par la Fondation Bertelsmann, les personnes issues de l’immigration ont créé près de 2 millions d’emplois en Allemagne entre 2005 et 2014

Ils sont vendeurs de légumes ou de kebabs, kiosquiers. Mais aussi de plus en plus souvent hôteliers ou gérants d’une PME dans l’informatique… Selon une étude présentée jeudi par la Fondation allemande Bertelsmann, le nombre d’entrepreneurs d’origine étrangère a augmenté de 25% entre 2005 et 2014, à 709 000 personnes.

«Un moteur pour l'emploi»

Le nombre d’emplois créés par ces entreprises est passé dans la même période de 947 000 à 1,3 million de salariés, alors que dans le même temps, le nombre de personnes issues de l’immigration n’augmentait que de 9%. Ces créations d’entreprises et d’emplois sont particulièrement dynamiques dans les régions riches du sud du pays – Bavière, Bade-Wurtemberg, Hesse – ainsi qu’à Berlin, tandis que les Länder de l’est du pays restent à la traîne.

«Les entrepreneurs issus de l’immigration sont un moteur pour l’emploi en Allemagne», souligne Aart de Geus, le président de la Fondation Bertelsmann. «Lorsqu’on pense à l’économie issue de l’immigration, on pense souvent encore au kiosque à journaux ou au restaurant chinois dans lequel travaille toute la famille, rappelle le responsable de l’étude, Armando Garcia Schmidt. Les données montrent au contraire qu’on peut de plus en plus tourner le dos à ces clichés.»

La proportion d’étrangers travaillant dans la gastronomie est ainsi passée de 38 à 28% du total des emplois en l’espace d’une décennie. D’autres types de services ont connu une progression comme le bâtiment, ou des secteurs à plus forte qualification comme les bureaux de conseiller fiscal, les start-up ou les bureaux d’ingénierie. «La grande majorité des entreprises sont actives dans les services – y compris les services hautement qualifiés – et dans l’industrie de transformation», souligne Armando Garcia Schmidt.

Obstacles administratifs

Fonder son entreprise en Allemagne n’est pas chose aisée lorsqu’on vient d’un pays étranger. De nombreux obstacles administratifs gênent la création d’entreprise, notamment pour les personnes non originaires de l’Union européenne. «Il n’y a le plus souvent pas de centres de renseignements adaptés à cette catégorie de population», poursuit le responsable de l’étude. La plupart s’informent auprès de membres de leur entourage.

Revenus moindres

Les entrepreneurs issus de l’immigration sont aussi pénalisés en termes de revenus. Ils gagnent en moyenne 2167 euros net par mois, soit 30% de moins qu’un patron d’origine allemande. Ce sont toutefois 40% de plus que le salaire moyen d’un salarié du privé d’origine étrangère (1537 euros). Ces différences de revenu seraient liées au niveau de qualification. Les chefs d’entreprise d’origine étrangère touchent en moyenne 3000 euros net par mois lorsqu’ils ont plusieurs salariés.

La création d’entreprises, solution au problème d’emploi des réfugiés? «Il serait important de repérer qui parmi les réfugiés à ce potentiel, estime Armando Garcia Schmidt. L’Etat et les milieux d’affaires doivent mieux travailler de concert pour permettre aux migrants de créer leur société.»

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