Après Nissan, Renault pourrait-il bientôt prendre les rênes de General Motors, le premier constructeur mondial d'automobiles? C'est en tout cas les vœux de l'un des principaux actionnaires du géant de Detroit. Renault ne dit pas non.

«Nous croyons que la participation dans une alliance ou partenariat global avec Renault et Nissan pourrait permettre à General Motors de réaliser des synergies substantielles et des réductions de coûts. Cela bénéficierait nettement à la société et à la valeur actionnariale.» Dans une lettre adressée au directeur général de General Motors, Rick Wagoner, et remise au gendarme des Bourses américaines (SEC), la société financière Tracinda exhorte General Motors à se rapprocher de son homologue franco-nippon. Renault est le premier actionnaire de Nissan avec 44% du capital.

Tracinda est dirigée par Kirk Kerkorian, le milliardaire californien qui détient 10% de General Motors et entend faire pression sur sa direction pour sortir le groupe de l'ornière.

Dans sa missive, Tracinda dit avoir la sensation que Renault et Nissan sont «réceptifs» à l'idée de se rapprocher de General Motors et d'en détenir une part «minoritaire» mais «significative». L'action General Motors a bondi de 10,2% à l'ouverture du marché à New York.

General Motors, toutefois, affirme n'avoir «reçu aucune offre ni proposition de Renault/Nissan concernant le fait de participer à une alliance», comme le suggèrent des documents déposés officiellement vendredi par l'actionnaire Tracinda au gendarme de la Bourse américaine (SEC), a indiqué General Motos dans un communiqué, selon l'AFP. «La requête de Tracinda va être prise en considération par le conseil d'administration de General Motors. A ce stade, nous n'avons pas de commentaires supplémentaires à faire», a ajouté le constructeur américain.

10 milliards de pertes

De son côté, Renault, qui pèse 24 milliards d'euros en Bourse, presque le double de General Motors, se dit prêt à «étudier» une alliance en jugeant nécessaire que la direction générale de l'américain et son conseil d'administration «apportent leur plein soutien à ce projet».

En octobre, Renault avait formellement démenti des informations du magazine français Challenges, selon lesquelles Carlos Ghosn, le patron de Renault, étudierait une alliance avec l'un des géants américains GM ou Ford via un échange d'actions.

General Motors a essuyé une perte de 10,6 milliards de dollars en 2005. L'entreprise, qui continue de perdre des parts de marché aux Etats-Unis, est pénalisée par le coût élevé de sa main-d'œuvre et d'importants engagements vis-à-vis de ses anciens salariés partis à la retraite. Le créneau des gros véhicules à quatre roues motrices sur lequel il dégage ses meilleures marges souffre du prix élevé des carburants. L'entreprise a pris des mesures drastiques pour se redresser, en particulier la suppression de 30000 postes de travail et la fermeture de 12 usines.