L'assureur Allianz Suisse a plongé dans le rouge l'an dernier. La filiale helvétique de la compagnie allemande du même nom a annoncé, vendredi, une perte nette de 169,5 millions de francs, après un bénéfice de 96,4 millions en 2001. Le plongeon s'explique par le recul des marchés financiers, ainsi que par les déficits dans la prévoyance professionnelle, a dit à Zurich le président de la direction, Gerd-Uwe Baden. Les effets de la baisse des cours se sont montés à 484,9 millions de francs. L'exposition aux fluctuations des actions a été réduite de manière importante. De plus, le bas niveau des taux d'intérêts a pesé sur les revenus des placements.

Conséquence, le résultat financier a été divisé par deux à 144,4 millions de francs. Les primes brutes encaissées ont reculé de 2% à 3,5 milliards de francs, une moitié dans l'assurance vie et l'autre dans le non-vie. La baisse revient à un niveau très élevé en 2001, suite au gain de contrats dans la prévoyance professionnelle et à une réorganisation de la réassurance. Les coûts ont reculé de 1,9% à 607,2 millions.

Taux minimal critiqué

«Nous avons fait de gros progrès dans la fusion de La Bernoise, d'Elvia et d'Allianz», a dit Gerd-Uwe Baden. L'opération lancée début 2002 se traduira encore, comme déjà annoncé, par la perte d'une centaine d'emplois d'ici à la fin 2003-début 2004. Selon le responsable des finances, Martin Kampik, des suppressions massives ne sont pas à l'ordre du jour.

La branche vie d'Allianz Suisse a travaillé de manière déficitaire. Au final, elle affiche toutefois un léger bénéfice de 500 000 francs (-95%), grâce à une «injection de bénéfice» depuis la branche non-vie. Par conséquent celle-ci accuse une perte de 172,1 millions, après un gain de 78,8 millions en 2001. «Dans l'assurance vie, afficher une perte nuit à la confiance», a dit Gerd-Uwe Baden. De plus, les finances de ce secteur avaient besoin d'être consolidées, et ce alors que le secteur non-vie disposait de suffisamment de capital. Une injection de bénéfice est équivalente à une augmentation de capital.

La prévoyance professionnelle est déficitaire, en raison de la réglementation en vigueur. Selon Gerd-Uwe Baden, un taux minimal garanti de 3,25% est irréaliste quand le rendement des obligations de la Confédération, l'étalon du taux des placements sans risque, est largement en dessous. Le président de la direction plaide pour une nouvelle baisse du taux minimal l'an prochain et une adaptation de la réglementation à la réalité des marchés. Mais si la perspective devait être de faire des pertes à long terme, Allianz Suisse songerait alors sérieusement à sortir de ce secteur.