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Une multinationale chinoise vient d'offrir à 1000 de ses commerciaux les plus méritants un voyage de motivation à Genève.
© MARTIAL TREZZINI

Hôtellerie

«Allô Genève, on aimerait réserver une table pour 1000 personnes»

Ce lundi, un millier d’employés d’une société chinoise débarquent au bout du Léman. Pour une rapide visite de motivation, format XXL. Du jamais-vu depuis 2010. Et mille deux cents salariés indiens sont déjà sur les rangs pour mai prochain

Genève a fait le plein de touristes chinois en ce début de semaine. Mille vendeurs d’une multinationale du Céleste Empire remplissent en ce moment les hôtels du bout du Léman. Un stage de motivation express, concentré sur 72 heures mais tous frais payés dans des établissements de 4 à 5 étoiles, qui s’annonce grandiose. Tout comme la logistique du séjour. Au programme: cérémonie officielle, séminaires, bonnes tables et visites guidées.

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Doit-on y voir le signe que l’année du tourisme Suisse-Chine, lancée en janvier dernier au Forum de Davos par le président Xi Jinping, bat son plein? La firme chinoise, active dans l’industrie cosmétique et qui emploie 50 000 collaborateurs, veut rester discrète. Pas simple, vu la horde de salariés déversée sur la cité.

La part du gâteau chinois

Voilà plus de sept ans que les milieux touristiques genevois n’ont pas vu un tel déploiement de visiteurs étrangers. Ils s’en souviennent encore: 1200 d’un coup. C’était au printemps 2010. Lorsque la multinationale Amway, parmi les leaders mondiaux de la vente directe et qui emploie 800 000 commerciaux en Chine, avait débarqué douze dizaines de ses collaborateurs les plus méritants au bout du Léman.

S’était alors notamment posé le choix ardu des restaurants. Une table pour 1200 collègues de travail, sans compter la location de cars et autres limousines pour transporter tout ce beau monde. Amway, qui n’avait alors pas lésiné sur la dépense – le budget pour ce séjour était d’environ 10 millions de francs –, avait prévu des cadeaux pour ses convives. Un par jour, pour chaque employé. «Chacun a reçu un couteau suisse, une cloche tout droit descendue de Zermatt, un set chapeau-écharpe et, surtout, une boîte de chocolats», énumérait à l’époque la Tribune de Genève.

Des commandes record

Philippe Pascoët, artisan chocolatier de Carouge, avait signé cette année-là l’une des plus importantes commandes de sa carrière: 820 grosses boîtes de douceurs d’un seul coup. Mais il n’a pas été le seul à se frotter les mains. Le restaurant La Broche avait accueilli ces touristes chinois par vagues: 130 le samedi, 150 le dimanche et 100 le jour suivant. Idem pour plusieurs autres enseignes. Amway avait aussi ventilé ses invités dans cinq palaces genevois.

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Mieux: MCI, l’organisateur du séjour, avait alors déclaré à nos confrères de la «Julie» qu’il y avait belle lurette qu’il n’avait pas vu un budget aussi colossal pour une seule réception de quatre heures. Une soirée de gala, sur 15 000 m² de halle à Palexpo, avec 250 artistes venus de Hongkong, d’Australie, du Canada, d’Allemagne, d’Orlando. Ainsi que des groupes folkloriques suisses, yodleurs, lanceurs de drapeaux et joueurs de cor des Alpes compris. Sans oublier un décor somptueux rehaussé par des écrans géants de 200 mètres. Bref, le tout grand jeu.

Un budget moins spectaculaire

On risque toutefois d’être assez loin de cette démesure avec la société chinoise actuellement en visite à Genève. Les retombées économiques du mouvement de masse en cours sont estimées à 1,5 million de francs. Soit environ sept fois moins que pour Amway.

Pourtant, s’agissant du tourisme de loisirs, les voyageurs de l’Empire du Milieu sont réputés parmi les plus dépensiers au monde. Pour eux, le shopping à l’étranger relève de l’institution. D’après Suisse Tourisme, leur budget quotidien de villégiature tourne individuellement autour des 350 francs, contre 120 francs pour les Européens.

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Les employés de la multinationale chinoise, qui vend des produits de beauté, correspondent plutôt à des touristes d’affaires. Soit 75% du marché genevois. «Dans le jargon, on préfère parler d’«incentive», relève Anja Loetscher, directrice du Bureau des congrès à Genève. Ce segment, en croissance, est depuis longtemps exploité par les grandes villes du continent, comme Vienne, Copenhague ou Berlin.

Tata roule vers Genève

«Zurich a aussi une bonne expérience dans ce domaine, en raison de nombreuses liaisons aériennes directes», relève Anja Loetscher. Et cette dernière d’indiquer: «De nos jours, les entreprises européennes et américaines ne font plus d'«incentive», contrairement aux groupes asiatiques.»

Dans ce contexte, la Chine reste un marché phare. Tout comme l’Inde. «Nous sommes déjà en discussions avancées avec le groupe industriel indien Tata, pour accueillir 1200 de leurs meilleurs commerciaux au printemps prochain, durant deux jours», conclut Anja Loetscher.

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