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Alphabet clôture l'année 2016 sur une déception

Malgré une forte croissance, la holding Alphabet présente des marges bénéficiaires décevantes. Ses paris futuristes affichent une perte d'exploitation de plus d'un milliard de dollars au quatrième trimestre

Le géant internet américain Alphabet a fait état jeudi de marges bénéficiaires décevantes, malgré une forte croissance qui reste alimentée pour l'essentiel par les recettes publicitaires de sa filiale star, Google. Sa recherche de nouveaux revenus semble commencer à porter ses fruits, mais ses nouveaux paris représentent de lourds investissements comparés au chiffre d'affaires généré.

La holding Alphabet, sous laquelle Google s'était réorganisé fin 2015, a vu grimper l'an dernier son bénéfice net de 23% à 19,5 milliards de dollars, et son chiffre d'affaires de 20% à 90,3 milliards de dollars. Sur les trois derniers mois de l'année, le chiffre d'affaires affichait toujours une progression de 22% à 26,1 milliards de dollars, un niveau supérieur aux attentes des analystes.

La croissance du bénéfice net est en revanche tombée à 8% (à 5,3 milliards) et le résultat par action, qui sert de référence à Wall Street, a atteint seulement 9,36 dollars, soit 28 cents de moins que la prévision moyenne des analystes.

Les indicateurs de croissance «ont l'air solide», ont reconnu les analystes de Canaccord Genuity, mais le rapport trimestriel montre des pressions sur les marges qui ont déçu les investisseurs.

La recherche de revenus additionnels 

Le moteur de la croissance d'Alphabet reste sa filiale Google, qui regroupe depuis fin 2015 les activités historiques de recherche et de publicité en ligne, mais aussi YouTube (vidéo) ou Android (téléphonie mobile), et lui apporte le plus gros de ses bénéfices et de ses revenus.

Comme les trimestres précédents, la directrice financière d'Alphabet, Ruth Porat, a souligné que la croissance des revenus au quatrième trimestre avait été soutenue par la recherche mobile, YouTube et la publicité. Lors de la traditionnelle téléconférence explicative avec les analystes, elle a toutefois aussi rappelé que le groupe était «concentré sur l'augmentation des sources de revenus additionnelles au sein de Google à moyen et long terme».

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Les recettes publicitaires de Google affichent ainsi une hausse de 17% à 22,4 milliards de dollars au quatrième trimestre. Mais ses «autres revenus», où sont comptabilisés les efforts pour développer des services informatiques dématérialisés en ligne («cloud») et les ventes d'appareils électroniques, se sont envolés de 62% à 3,4 milliards de dollars.

Canaccord Genuity relève cette forte accélération comparé au troisième trimestre (+39%), y voyant un signe possible que le nouveau smartphone Pixel, lancé en fin d'année et positionné clairement comme un rival de l'iPhone d'Apple, ait eu une contribution importante.

Alphabet n'a pas divulgué ses ventes de smartphones, Ruth Porat se contentant de noter que les lancements d'appareils (Pixel, mais aussi l'assistant vocal pour la maison Google Home) avaient représenté «une jolie contribution» aux résultats du quatrième trimestre.

 Des investissements futuristes rationalisés

Outre «un bon élan dans les nouveaux secteurs d'investissement de Google», elle a aussi évoqué des progrès dans les paris futuristes du groupe. Voitures sans chauffeur, internet par montgolfières, drones de livraison, santé, maison connectée...: Alphabet investit dans de nombreux projets aux retombées incertaines et lointaines.

Leur coût est depuis longtemps un sujet d'inquiétudes pour les investisseurs, et le groupe a réagi en tentant ces derniers trimestres de rationaliser ces investissements, par exemple en abandonnant l'idée d'utiliser des drones comme relais internet pour des zones reculées (Titan), ou en mettant sur pause le développement d'un coûteux projet de réseau internet en fibre optique à ultra haut-débit (Fiber).

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Ses paris futuristes affichaient encore malgré tout une perte d'exploitation de plus d'un milliard de dollars au quatrième trimestre (-1,1 milliard, contre -1,2 milliard un an auparavant). Leur chiffre d'affaires affiche pour sa part une nette progression, mais reste relativement faible (+75% à 262 millions de dollars).

Seules trois activités génèrent de l'argent pour l'instant: la branche de domotique Nest, qui vend des alarmes et thermostats connectés; Fiber, installé dans quelques villes américaines; et la filiale de santé Verily, qui a noué des partenariats avec des groupes pharmaceutiques comme Sanofi ou GlaxoSmithKline et a encore annoncé jeudi un investissement de 800 millions de dollars accompagné d'une prise de participation minoritaire du fonds souverain singapourien Temasek.

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