Alpiq, numéro un de l’électricité en Suisse issu de la fusion du romand EOS et du soleurois Atel, a vécu une première année mouvementée. La chute des prix de l’électricité sur le marché européen et la récession économique ont touché le groupe qui présentait, mercredi à Zurich, les résultats détaillés 2009. Le chiffre d’affaires a diminué de 7%, à 14,8 milliards de francs, de même que le bénéfice d’exploitation (EBIT) qui atteint 1,06 milliard.

Le groupe, qui gère 27% de la production suisse et dispose du tiers de la puissance (hydroélectrique, nucléaire) installée, réalise moins du quart de son chiffre d’affaires en Suisse. Présent dans 30 pays européens, il est particulièrement bien implanté dans l’est européen et en Italie. En 2009, il est devenu un acteur important sur le marché espagnol. Alpiq est également présent dans les services énergétiques aux entreprises, le conseil immobilier, le secteur des transports (Gothard, métro de Barcelone) et même la fabrication de pellets de bois.

Selon le volume financier brassé, Alpiq est d’abord un grand négociant boursier de l’énergie. Le groupe a échangé 520 milliards de kWh en 2009, alors que sa production d’électricité se limite à 19,4 milliards de kWh, dont 62% tirés des installations suisses. Le chiffre d’affaires du négoce boursier s’est élevé à 50 milliards de francs en 2009, soit plus du triple de celui comptabilisé correspondant aux ventes consolidées.

Alpiq entre dans une nouvelle phase de mutation. «Nous devons réduire notre dette, consolider et nous concentrer sur nos compétences de base, explique Giovanni Leonardi, patron du groupe. Cela peut signifier la réduction de nos participations et l’abandon de marchés et de secteurs d’activités». Les responsables du groupe ont entamé cet examen et se sont refusés à donner plus de détails mercredi à Zurich.

Investissements ralentis

La fusion a provoqué plus du triplement de la dette effective qui se monte à 3 milliards de francs. Les fonds étrangers, par le biais des diverses participations, ont doublé, à 12,1 milliards. La valeur comptable des participations représente 5,8 milliards. «Il s’agit aussi de réduire la croissance de nos investissements et fixer de nouvelles priorités», explique au Temps Kurt Baumgartner, directeur financier. L’énergie éolienne est par exemple développée en France, en Bulgarie et dans les pays nordiques mais volontairement très peu en Suisse. Alpiq prévoit une nouvelle baisse du chiffre d’affaires en 2010.