Alpiq veut supprimer 450 de ses 10 800 emplois, dont la moitié environ en Suisse, pour redresser sa rentabilité. Le groupe énergétique a vu son bénéfice net fondre de 57% au cours des neuf premiers mois de l’année à 180 millions de francs. Le siège devrait quitter Neuchâtel.

L’exercice 2011 bouclera par ailleurs sur une perte, pour un montant non précisé, en raison de correctifs de valeurs et de provisions, a indiqué vendredi Alpiq. Le plan de restructuration vise à recentrer le groupe sur son cœur d’activité, à simplifier son organisation ainsi qu’à diminuer ses coûts et son endettement.

Le chiffre d’affaires arrêté à fin septembre affiche une baisse à 10,2 milliards de francs, contre 10,5 milliards au cours des neuf premiers mois de l’an dernier. Le résultat d’exploitation avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements (EBITDA) a lui chuté de 22% pour s’inscrire à 832 millions, précise le communiqué.

L’abandon de Neuchâtel comme siège d’Alpiq Holding devrait s’opérer en faveur d’un transfert vers Lausanne et Olten (SO), anciennes bases respectives d’EOS et d’Atel qui ont fusionné début 2009 pour former Alpiq. L’assemblée générale d’avril prochain est appelée à avaliser cette décision du conseil d’administration.

Neuchâtel avait été choisi fin 2008 comme une sorte de compromis entre la capitale vaudoise et la petite ville soleuroise. Le site emploie 20 personnes, dont l’activité se concentre sur le travail administratif ainsi que la communication avec les actionnaires et le conseil d’administration.

Globalement, les divisions touchées par la restructuration sont le négoce, les ventes internationales, l’administration et les unités de support centrales et régionales. Un plan social sera élaboré dans le but de limiter les conséquences sur le personnel, relève Alpiq.

Fin septembre, le directeur général Giovanni Leornadi avait démissionné avec effet immédiat. L’intérim est assuré par Hans Schweickardt, président du conseil d’administration.

L’objectif d’Alpiq consiste à diminuer les coûts opérationnels de 100 millions de francs environ par an d’ici à la fin de 2012. Il recouvre également une réduction de l’endettement de 1,5 à 2 milliards d’ici à la fin de 2014, via un redimensionnement des investissements et une cession d’actifs.

Le plan de restructuration aura mis du temps à accoucher. Le groupe, numéro un de l’énergie en Suisse, l’évoque depuis des mois. Les mesures sont motivées par la pression constante sur les prix de l’électricité et la décision des Chambres fédérales de sortir du nucléaire d’ici à 2034, suite à la catastrophe de Fukushima. Cet aspect a nécessité un amortissement extraordinaire à hauteur de 35 millions de francs en lien avec le projet de nouvelle centrale nucléaire de Gösgen II, dans le Niederamt soleurois. Ce montant n’est toutefois pas intégré aux comptes après neuf mois d’Alpiq.

Quant aux correctifs de valeur et aux provisions, les besoins s’élèvent à hauteur de 1,7 milliard de francs. Ils viendront peser sur l’exercice en cours et entraîneront une perte nette.

Conjoncture et législation, sans oublier l’impact du franc fort, obligent donc les acteurs de la branche à réduire la voilure. Avant Alpiq, le zurichois Axpo et le bernois FMB ont annoncé vouloir réduire leurs coûts pour améliorer leur rentabilité, avec à la clé des suppressions d’emplois (55 déjà prévues chez FMB par exemple).

Alpiq, Axpo et FMB occupent au total quelque 18 000 personnes, dont 4300 pour la société zurichoise et 2800 pour la firme bernoise.