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L'investissement en hypothèques permet d'améliorer le rendement.
© BERNADETT SZABO/Reuters

Prévoyance

Quelle alternative aux liquidités en cas de retour à l’inflation?

Dans un contexte économique instable et alors que les perspectives de rendements restent faibles, il est plus que temps de permettre la mise en place dans la prévoyance de solutions flexibles, durables et peu influencées par les marchés financiers

Tandis que la Suisse a connu une longue période de déflation, renforcée par la fin du taux plancher entre l’euro et le franc suisse début 2015 et l’introduction par la BNS de taux d’intérêt négatifs, l’inflation semble à nouveau poindre. En cause? Notamment la baisse de notre devise nationale face à la monnaie européenne, entraînant les prix à la hausse, en particulier dans les zones frontalières.

Quid de la prévoyance professionnelle?

En phase déflationniste et de rendements des obligations nuls ou négatifs, les caisses de pensions se trouvent face à un dilemme: comment assumer leurs engagements vis-à-vis de leurs assurés sans augmenter les coûts? Une bonne partie d’entre elles se sont orientées, à juste titre, vers des placements alternatifs à rendements élevés, tels que les titres immobiliers. Malgré cela, certaines ont dû se résoudre à baisser leur taux de conversion dans la part surobligatoire, au-delà de 84 600 francs, jusqu’à des niveaux en deçà du taux appliqué à la part obligatoire. Au détriment de l’ensemble des assurés.

Les bénéficiaires d’un plan de prévoyance cadres, éligibles pour la part du salaire au-delà du fonds de garantie LPP fixé à 126 900 francs, ont pu tirer leur épingle du jeu. Au lieu d’assumer collectivement les décisions du comité de caisse, ils ont pu définir librement une stratégie de placement mieux adaptée au contexte économique et à leur situation propre (selon les normes de placements de l’OPP2). Assumant une plus grande responsabilité personnelle, les assurés se montrent raisonnables: stratégie diversifiée, constituée notamment de titres rentables tels que l’immobilier et les actions, ainsi que d’un volume important de liquidités sans intérêts, destinées à entrer dans le marché des actions ou à recevoir des intérêts rémunérateurs plus élevés au moment propice.

Le retour à l’inflation, dû notamment au recul du franc face à l’euro, change-t-il la donne?

Fondamentalement non, si l’on tient compte du niveau toujours bas des taux d’intérêt généraux et des perspectives déficitaires des obligations à long terme. De plus, l’inflation devrait rester contenue. Dans ce cas, les caisses de pensions seraient inspirées de maintenir des portefeuilles d’actifs diversifiés, en continuant de miser sur les titres immobiliers, les placements alternatifs et les actions. Une telle stratégie n’empêchera cependant pas un certain nombre de caisses de devoir poursuivre leurs mesures d’assainissement.

Au niveau de la prévoyance cadres, le contexte demeurant tendu, il conviendra aux assurés de poursuivre une stratégie maximisant les titres à haut potentiel de croissance. Pour les propriétaires, en particulier ceux qui ont conservé une part importante de liquidités en période de déflation, il existe des alternatives attractives. Parmi celles-ci, nous proposons une toute nouvelle solution, qui consiste à placer jusqu’à 50% de son dépôt de prévoyance dans un fonds hypothécaire. Concrètement, les assurés pourront investir jusqu’à 65% de la valeur marchande de leur résidence principale et entre 40 et 50% de leur maison de vacances ou d’un immeuble de rendement.

Quels sont les avantages d’un tel placement?

Mentionnons que les intérêts créditeurs rémunèrent le capital de prévoyance de l’assuré tandis que les intérêts débiteurs réduisent le revenu imposable. Par ailleurs, il s’agit d’un placement stable et à risque faible. Last but not least, cet investissement est très peu influencé par les marchés financiers. Dans la période instable que l’on connaît depuis quelques années, cela a son importance.

Une constatation s’impose au vu de la situation économique de ces dernières années: les caisses de pensions ont globalement su adopter les stratégies adéquates afin de garantir le financement des retraites de leurs assurés à long terme. Mais dans un système très réglementé et essentiellement collectivisé, elles sont bien souvent dans l’obligation de répercuter leurs pertes sur l’ensemble des assurés. Et à chacun de payer, peu importe sa situation personnelle.

Plus que jamais, les avantages d’une gestion libre et flexible de son propre patrimoine, couplée à une plus grande responsabilité individuelle, paraissent évidents au regard des exemples ci-dessus. Malgré quelques aspects positifs, notamment pour les indépendants, il est toutefois regrettable que le paquet de réforme Prévoyance 2020 ne mette pas plus l’accent sur la liberté, seule véritable solution pour renforcer durablement notre système.

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