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Amaris se pose en expert du changement perpétuel

En dix ans, la société fondée à Genève a dépassé le cap des 3000 employés. Elle s’est invitée dans un marché ultradominé par les quatre géants du conseil aux entreprises

«Je n’ai jamais travaillé en France!» Si Olivier Brourhant insiste, c’est parce que lui et Olivier Tisseyre, l’autre cofondateur du groupe Amaris, sont Français. Mais c’est surtout parce qu’il veut que sa société de conseil soit perçue comme internationale, mondiale, globale. Ce qu’elle est, en réalité. Et c’est aussi ce qui fait sa particularité.

En plus, Amaris n’est pas française, mais suisse. «Je suis Lyonnais d’adoption et de cœur, mais cela fait treize ans que j’habite dans la région genevoise.» C’est là qu’a été fondée Amaris, en 2007. En dix ans, la société s’est octroyé une place de choix dans le domaine du conseil aux entreprises. Un secteur qui, pourtant, est largement dominé par les Big Four: KPMG, EY, Deloitte et PwC.

Au téléphone depuis Paris, mais en partance pour l’île Maurice, Olivier Brourhant refuse de parler de «bataille» ou de «tailler des croupières». Trop guerrier. «Nous avons des ambitions, mais nous ne voulons pas être numéro un à tout prix.» Le dirigeant préfère constater que son groupe affiche une croissance de 42% sur le premier semestre, tandis que le secteur a progressé en moyenne de 6 à 7%. «Nous gagnons incontestablement des parts de marché», complète-t-il.

«On commence à nous regarder»

Dans le métier, Amaris est entrée par la petite porte. Mais sa renommée grandit, à force de croissance et de distinctions. L’an dernier, Olivier Brourhant a par exemple reçu le prix EY de l’entrepreneur de l’année aux côtés de Tej Tadi, un autre lémanique d’adoption. Aujourd’hui, sa société compte plus de 3000 employés, 700 clients et est représentée dans une cinquantaine de pays. Sa croissance atteint 80% par an depuis ses débuts, affirme le cofondateur. «Maintenant que l’on a atteint une certaine taille, on commence à nous regarder, à nous considérer. Le marché constate que l’on est différent.»

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La différence. C’est le grand credo d’Amaris. Mais concrètement? Rien de spectaculaire, «des choses simples», tempère d’abord Olivier Brourhant, avant d’expliquer que sa société s’appuie sur deux piliers: «penser mondial et faire confiance».

Il ne s’agit pas d’instaurer une hiérarchie plate, simplement de savoir confier des responsabilités très rapidement aux employés. Cela libère en eux une grande capacité d’innovation

Olivier Brourhant, cofondateur du groupe Amaris

Ses spécialités, ce sont les domaines du management, de l’informatique, des télécoms, de l’ingénierie ou des biotechs. Mais la philosophie commune à tous ces domaines, insiste Olivier Brourhant, c’est la gestion du changement: apprendre aux clients à devenir et à rester agiles, dans un monde où les mutations s’accélèrent.

Ce fil rouge est également respecté au sein d’Amaris. Son directeur financier, par exemple, n’a que 29 ans. Il en avait 24 lorsqu’il est entré en fonction. «On fait confiance aux jeunes, mais vraiment. Il ne s’agit pas d’instaurer une hiérarchie plate, simplement de savoir confier des responsabilités très rapidement aux employés. Cela libère en eux une grande capacité d’innovation.»

Une vision mais pas de stratégie

Autre recette appliquée à l’interne, la promptitude à changer de cap. «Nous avons une vision à long terme, nous savons où nous voulons aller et à quoi nous servons. Mais je vous assure que nous n’avons pas une grande stratégie à dix ans! Il faudrait pouvoir savoir aujourd’hui ce que l’intelligence artificielle et la robotisation auront comme effet sur le monde du travail.»

Cet horizon imperceptible ne l’empêche pas d’avoir des prévisions précises: employer 9000 personnes et doubler de taille, soit atteindre 400 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici à fin 2020, contre 180 millions d’euros prévus pour 2017.

D’autres pays seront couverts, c’est aussi une certitude. Au moins dix. Olivier Brourhant évoque, entre autres, la Norvège, la Thaïlande ou l’Indonésie. Mais aussi l’Afrique, continent sur lequel Amaris a déjà une présence en Côte d’Ivoire, à l’île Maurice, en Tunisie et au Maroc et dans lequel «pour une fois, nous serons sur la ligne de départ en même temps que la concurrence».

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