Changer le rythme d’un feu de circulation pour lutter contre un embryon de syndicalisme? Amazon l’a fait. La multinationale a mis la pression – avec succès – sur les autorités de la ville de Bessemer, en Alabama. Sous prétexte de décongestionner les alentours lors des changements d’équipes dans son entrepôt, le numéro un mondial du commerce en ligne a obtenu que les feux soient plus longtemps au vert. Conséquence: pour les syndicats, la distribution de tracts est devenue sensiblement plus difficile depuis le 15 décembre dernier.

C’est l’une des multiples tactiques d’Amazon, révélées récemment, pour décourager ses employés de se syndiquer. D’ici à quelques jours, voire quelques heures, sera connu le résultat d’un vote très attendu. Du 8 février au 29 mars, les 5800 employés du centre logistique de Bessemer se sont prononcés sur leur rattachement, ou non, à un syndicat. Une première pour Amazon aux Etats-Unis – où elle compte plus de 800 000 travailleurs –, une première que la société dirigée par Jeff Bezos veut à tout prix éviter.