Amazon pourra tester la livraison par drone

Distribution Le groupe a obtenu un certificat de vol expérimental aux Etats-Unis

UPS et Alibaba sont aussi intéressés. Mais plusieurs obstacles restent à lever

La pression – certains diront le chantage – a payé. En décembre 2014, Amazon avait averti les autorités américaines que, faute d’autorisation, il avait commencé à tester la livraison par drone hors des Etats-Unis. Avec la menace de créer des emplois et d’investir hors du sol américain. Dans la nuit de jeudi à vendredi, le numéro un mondial de l’e-commerce a obtenu une première victoire: Amazon pourra tester la livraison par drone aux Etats-Unis, à des conditions très précises. Un premier essai qui sera suivi de près par UPS et Alibaba, très intéressés eux aussi par ce nouveau canal de distribution.

Lorsque Jeff Bezos, fondateur et directeur d’Amazon, avait pour la première fois évoqué, en décembre 2013, la livraison par drone, le buzz créé avait été conséquent. Mais sans suite concrète, faute de feu vert de la Federal Aviation Administration (FAA) pour effectuer des tests. En février, les autorités avaient proposé des premières règles pour les drones à usage commercial. Les pilotes devraient passer un examen, le drone ne devrait pas peser plus de 25 kilos et voler à plus de 152 mètres d’altitude. Et le largage d’objets en altitude est interdit.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, Amazon a obtenu un certificat de vol expérimental spécial. Ses appareils pourront voler au-dessus de zones privées, de jour, mais pas à une altitude supérieure à 122 mètres (400 pieds). Le pilote devra toujours avoir un contact visuel avec sa machine. Il n’y a, semble-t-il, pas de limite de poids pour le drone. Le pilote devra être titulaire d’un brevet de pilote classique. «La FAA traite les drones comme un Boeing 747 qui volerait pour des tests. Cette approche est certes un progrès pour Amazon, mais cela reste limitant pour les entreprises qui veulent innover», a réagi un avocat spécialisé interrogé par Forbes. Amazon, de son côté, n’a pas réagi.

La multinationale devrait commencer à tester les livraisons par drone dans des zones rurales de l’Etat de Washington. Son but avoué sera, à terme, d’effectuer des livraisons par les airs en trente minutes pour des clients habitant dans un rayon de 16 kilomètres autour de ses entrepôts. Amazon en compte actuellement une cinquantaine aux Etats-Unis et une quinzaine en Europe, mais aucun en Suisse.

Le but de la société d’e-commerce est non seulement d’automatiser au maximum ses processus: il est aussi de livrer de plus en plus vite. Cette semaine, la société a ainsi étendu son service Prime Now aux régions de Miami et Baltimore, après une introduction au préalable à New York. Prime Now permet, pour un abonnement annuel de 99 dollars et des frais supplémentaires de 7,99 dollars, d’être livré en moins d’une heure. A New York, le service est actif sept jours sur sept, de 6 heures du matin à minuit. Amazon s’est récemment vanté d’avoir livré un jouet (difficile à trouver) en 23 minutes à New York.

En décembre dernier, la multinationale avait présenté un robot, appelé Kiva, destiné à remplacer les humains dans ses centres et à déplacer les marchandises plus vite. Plus de 15 000 Kiva sont actuellement en fonction.

Amazon va poursuivre ses efforts pour assouplir les lois sur les drones. Récemment, un nouveau lobby, baptisé Small UAV Coalition, a vu le jour. Ses représentants ont rencontré plus de cinquante parlementaires à Washington. Google, GoPro ou encore Parrot sont membres de ce lobby.

En Suisse, aucune autorisation n’est nécessaire pour les drones dont le poids est égal ou inférieur à 30 kg. Le pilote doit maintenir un contact visuel permanent avec l’appareil. Certains cantons songent à introduire une législation locale plus restrictive.

A New York, Baltimore et Miami, Amazon promet aujourd’hui des livraisons en moins d’une heure