Amazon est en ébullition. Le numéro un mondial de l’e-commerce est secoué par plusieurs mouvements de grève d’employés inquiets pour leur santé. Après un début de contestation en France, c’est aux Etats-Unis qu’ont lieu des débrayages en ce début de semaine. En parallèle, la société basée à Seattle recrute 100 000 collaborateurs sur sol américain.

C’est à New York qu’a éclaté le dernier mouvement de protestation en date. Lundi, une quinzaine d’employés – selon Amazon – ont protesté devant un site comptant 5000 collaborateurs, agitant des panneaux sur lesquels était écrit «C’est difficile de fermer une entreprise pour 3/4 semaines. Mais c’est encore plus difficile de fermer pour toujours le cercueil de quelqu’un qu’on aime». Ces employés accusent la direction de ne pas suffisamment les protéger contre le coronavirus.

«Nettoyages en profondeur»

Faux, affirme la multinationale, qui dit effectuer «un nettoyage en profondeur trois fois plus souvent que d’habitude, acheter les équipements de sécurité disponibles et modifier les procédures afin de garantir les distances de sécurité». Mardi, des employés de Whole Foods, des magasins d’alimentation biologique appartenant à Amazon, devaient eux aussi se mettre en grève.

Si le nombre d’employés en débrayage semble réduit, l’affaire fait grand bruit outre-Atlantique. La procureure de l’Etat de New York, Letitia James, a ainsi qualifié de «honteux» le licenciement de Christian Smalls, un employé à l’origine de la manifestation de lundi. L’homme n’aurait, selon Amazon, pas respecté le confinement exigé, alors qu’il avait été en contact avec un collègue testé positif au virus. Des sénateurs américains ont aussi écrit à Jeff Bezos, fondateur et directeur de la multinationale, pour lui faire part de leur inquiétude.

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Des éclats en France aussi

En France aussi, un récent mouvement de protestation avait eu un écho public. Le 19 mars, le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire avait estimé qu’Amazon exerçait des pressions «inacceptables» sur ses salariés en les privant de salaire s’ils refusent de venir travailler à cause de la pandémie. Le 17 mars, au moins 200 salariés d’un site près de Douai (nord de la France) avaient fait valoir leur droit de retrait, tout comme des employés de Montélimar (sud de la France). Selon les syndicats, la direction menaçait de ne pas les payer, une pratique illégale dans l’Hexagone. Aucun mouvement de protestation n’a éclaté pour l’heure en Allemagne, pays où les employés ont par le passé plusieurs fois protesté contre leurs conditions de travail.

Ces remous interviennent alors que la multinationale voit, sans surprise, ses activités exploser à cause des mesures de confinement. Mi-mars, elle affirmait sa volonté de créer 100 000 emplois à temps partiel ou temps plein sur ses chaînes logistiques aux Etats-Unis, pour répondre à une demande accrue – mais qu’elle n’a pas chiffré. Amazon compte environ 800 000 employés sur la planète. Le groupe a appelé des entreprises dont les activités tournent au ralenti à lui prêter des employés. En Suisse, Digitec Galaxus recherche lui aussi 200 collaborateurs. En parallèle, Amazon décidait mi-mars d’augmenter de 2 dollars ou euros le salaire horaire de ses salariés travaillant dans la logistique.