Jeff Bezos est de retour. Depuis des années, le fondateur et directeur d’Amazon s’était distancié de la gestion quotidienne de sa multinationale, préférant se consacrer à des projets sur le long terme. Mais la crise due à la pandémie est si aiguë que l’homme est revenu aux commandes de sa multinationale, comme le rapportait cette semaine le New York Times. Submergé par la demande, Amazon doit faire face à des cas de virus dans ses entrepôts. Mais surtout à des mouvements de contestation internes qui prennent de l’ampleur.

Ainsi, pour la deuxième fois cette semaine, un appel à la grève a été lancé aux Etats-Unis. Ce vendredi, ce ne sont pas les employés œuvrant dans les entrepôts qui sont appelés à cesser le travail, mais des cols blancs, soit des développeurs, ingénieurs ou encore analystes de marché. Les motivations sont multiples. Les employés demandent une protection accrue contre le virus, le réengagement des collaborateurs qui avaient été licenciés en mars après une première vague de protestation et la pérennisation des augmentations temporaires de salaire, accordées durant la pandémie.

La direction conteste

Ces actions sont toutefois davantage symboliques que de masse. Une centaine d’employés américains ont affirmé qu’ils ne se rendront pas dans les bureaux ce vendredi. Le mouvement de mardi, dans les centres logistiques, a quant à lui réuni environ 350 personnes qui n’ont pas travaillé, selon une organisation de travailleurs. Mais ce chiffre a été contesté par la direction d’Amazon, qui estime qu’il était «largement exagéré». «Plus de 250 000 personnes sont venues travailler aujourd’hui», a indiqué l’entreprise, qui affirme que «les plaintes formulées par les organisateurs syndicaux sont tout simplement fausses».

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Après plusieurs semaines de bras de fer, la direction et une partie des employés ne s’entendent donc pas. Ceux-ci estiment que la distribution de millions de masques et la mise en place de contrôles de température, via des caméras thermiques, sur tous les sites américains et européens, sont insuffisants.

Décision de justice en France

Ce conflit est aussi vif en France, où la justice a contraint Amazon, pour des raisons sanitaires, de ne vendre dès le 14 avril que des produits d’hygiène, des produits médicaux et d’alimentation. La firme américaine a préféré fermer tous ses sites dans l’Hexagone – où elle emploie environ 10 000 personnes –, tout en faisant recours de cette décision. La Cour d’appel de Versailles doit trancher ce vendredi après-midi. A noter que deux salariés d’un site d’Amazon se situant dans le nord du pays ont lancé une pétition en faveur de la reprise du travail, signée par plus de 15 500 personnes.

Ces actions n’empêchent pas Amazon de flamber en bourse. Son action a progressé de 30% depuis le début de l’année, alors que l’indice S&P 500 est en recul de 17% sur la même période. Valorisée à 1200 milliards de dollars, l’entreprise fait encore davantage la fortune de Jeff Bezos, détenteur de 11,2% de ses actions: l’homme le plus riche du monde est désormais à la tête d’environ 145 milliards de dollars.

Amazon compte aujourd’hui environ 950 000 employés sur le plan mondial dont 175 000 recrutés depuis le début de la pandémie.

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