Technologie

Amazon, une multinationale à laquelle rien ne résiste

L’entreprise créée en 1994 par Jeff Bezos dévore sans cesse de nouveaux marchés. Elle compte déjà plus d’un demi-million d’employés

Amazon n’a plus rien de la librairie en ligne qui effectuait ses débuts en juillet 1995. Créée un an plus tôt par Jeff Bezos, la société est devenue une multinationale qui ne cesse de dévorer de nouveaux marchés. Vidéo en ligne, livraison de nourriture à domicile, assistants personnels intelligents, conseils vestimentaires… Rien ne résiste à Amazon, forte de plus de 540 000 employés et qui n’a pas peur de se confronter à d’autres multinationales bien établies.

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Amazon, c’est d’abord un monstre de la logistique dont la taille est symbolisée par un chiffre: 32. C’est le nombre de Boeing 767 que possède désormais la multinationale pour acheminer au plus vite les articles entre ses dizaines de centres de distribution sur la planète. La multinationale ne dit pas combien d’objets elle envoie par an. Mais il y a une semaine, elle dévoilait un chiffre révélateur de sa puissance: en 2017, elle a expédié cinq milliards d’articles à ses clients abonnés à son service Prime, qui coûte 49 euros par an – il n’est pas encore disponible en Suisse.

«Prime», outil de fidélisation

Ce chiffre est important, car il dit deux choses. Il est colossal alors même que la majorité des clients d’Amazon au niveau mondial ne sont pas abonnés à Prime, ce qui donne une idée du volume total de colis expédiés chaque année. De plus, ces cinq milliards montrent la puissance de Prime, cet abonnement qui donne non seulement droit à des livraisons prioritaires et gratuites le lendemain, mais aussi à un accès à des films à la demande, à de la musique en streaming, au stockage de photos en ligne ou à un accès prioritaire à des ventes flash. Amazon a réussi à fidéliser ses clients avec des revenus récurrents qui lui ont rapporté 2,5 milliards de dollars sur le seul troisième trimestre 2017.

Imbattable en logistique, Amazon a aussi pu croître rapidement en maîtrisant elle-même un outil de base: son infrastructure informatique. La multinationale a ouvert très tôt ses propres centres de données, pour en compter plus d’une dizaine aujourd’hui sur la planète. Cela lui permet de diffuser de manière efficace ses vidéos et ses chansons. Et cela lui assure aussi des revenus importants pour financer l’expansion de ses activités de distribution. Amazon Web Services (AWS) compte plusieurs millions de clients, dont Netflix, et cette division a généré environ 17 milliards de chiffre d’affaires en 2017, selon les estimations. C’est simple: avec 44,2% de part de marché mondiale du cloud computing, AWS serait aujourd’hui aussi important que ses… quatorze poursuivants, dont Google et Microsoft…

Numéro un pour les assistants personnels

Amazon, c’est aussi une place de numéro un mondial sur le marché en plein boom des assistants personnels. Son haut-parleur Echo, propulsé par le logiciel Alexa, répond à des centaines de commandes vocales et permet de commander un chauffeur Uber, de baisser ses stores connectés, de se faire livrer une pizza ou d’effectuer des commandes sur Internet. Amazon propose désormais une gamme d’une demi-douzaine de ces appareils, dont un qui donne, via une caméra, des conseils vestimentaires à ses utilisateurs… Sur ce marché, la société de Jeff Bezos est en avance: Google n’y est présent que depuis quelques mois et Apple n’a pas encore lancé sont HomePod, présenté l’automne dernier.

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Côté chiffres, Amazon ne cesse de croître. Son chiffre d’affaires pour le troisième trimestre a bondi d’un tiers à 43,7 milliards de dollars, pour un bénéfice de 256 millions. C’est la division AWS qui avait maintenu la société dans les chiffres noirs, avec un chiffre d’affaires en forte hausse à 4,6 milliards (+44%) et un bénéfice opérationnel de 1,2 milliard (+40%). La multinationale de Jeff Bezos doit publier le 1er février ses résultats pour le quatrième trimestre.


Rien ne résiste à Jeff Bezos

Le fondateur et directeur d’Amazon est à la tête d’une fortune de plus de 100 milliards de dollars

C’est l’homme le plus riche de la planète. Et peut-être le plus riche de l’histoire. Jeff Bezos, fondateur et directeur d’Amazon, serait aujourd’hui, à 54 ans, à la tête d’une fortune d’environ 105 milliards de dollars, selon des estimations récentes de l’agence Bloomberg. Ce qui a permis à ce natif d’Albuquerque (Nouveau-Mexique) de devenir aussi riche, c’est avant tout sa part de 16,4% dans le capital d’Amazon.

Sur les douze derniers mois, l’action de sa multinationale a progressé de quelque 57%, permettant à Jeff Bezos de devancer Bill Gates au palmarès des personnes les plus riches. Le cofondateur de Microsoft le devancerait encore s’il n’avait pas fait don de sa fortune à sa fondation… Jeff Bezos doit aussi une part de sa fortune aux 250 000 dollars investis dans Google en 1998, des actions qui valent aujourd’hui 3,1 milliards de dollars. Jeff Bezos est si riche qu’il lançait, en juin dernier, un appel sur Twitter pour trouver des idées philanthropiques…

Fan de «Star Trek»

Marié à MacKenzie depuis 1993, Jeff Bezos a quatre enfants. L’homme ne se contente pas de diriger Amazon, qu’il diversifie à marche forcée – il suffit de penser au rachat de la chaîne américaine de supermarchés bio Whole Foods pour 13,7 milliards de dollars en 2017. Jeff Bezos a décidé, en 2013, d’investir 250 millions de dollars pour racheter le Washington Post. Ce fan de la série «Star Trek» a aussi fondé en 2000 la société Blue Origin, qui ambitionne d’envoyer, en 2019, des humains dans l’espace. Sur ce terrain, Jeff Bezos est en compétition avec Elon Musk, directeur de Tesla, dont la société SpaceX est aussi active dans l’espace.

Réputé intransigeant avec ses employés, Jeff Bezos est aussi connu pour sa règle des deux pizzas. Une équipe travaillant sur un projet doit pouvoir se nourrir avec deux pizzas. Sinon, cela signifie qu’il y a trop de membres dans cette équipe et que le projet risque de s’enliser. Jeff Bezos est extrêmement rare dans les médias: il ne donne quasiment jamais d’interviews et n’effectue pas de présentations de produits – tout l’inverse de Tim Cook, directeur d’Apple, dont les présentations sont toujours attendues. Jeff Bezos aurait voulu appeler sa multinationale Cadabra, mais cela sonnait trop comme «cadavre»… il optera pour Amazon, «le plus grand fleuve du monde, la plus grande sélection de produits du monde», déclara-t-il peu après son lancement.

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