Technologie

Amazon Web Services compte plus de 10 000 clients en Suisse

La filiale du numéro un mondial de l’e-commerce veut gagner de nouveaux clients, avec une stratégie différente de celle de Google et de Microsoft

Amazon s’intéresse de près à la Suisse. Alors que le géant américain a en toute discrétion rapproché sa logistique de La Poste pour la livraison de colis, sa division «cloud» veut aussi percer dans le pays. Début octobre, la multinationale américaine organisait à Baden (AG) son premier «cloud summit». Un événement rassemblant près de 1500 partenaires et clients, dans un seul but: promouvoir ses services en informatique dématérialisée.

Aujourd’hui, Amazon Web Services (AWS) est toujours le numéro un mondial du «cloud», avec 32,6% du marché, devant Microsoft (16,9%) et Google (6,9%), selon la société de recherche américaine Canalys. Et désormais, la multinationale veut intensifier ses efforts en Suisse. «Nous y comptons déjà plus de 10 000 clients, dont La Poste, les CFF, Novartis et Swisstopo», dénombre Ian Massingham, présenté comme un «évangéliste technologique» chez AWS.

Pas de centre en Suisse

Et pourtant, à la différence de Google et de Microsoft, qui tous deux ont ouvert leurs premiers centres de données en Suisse, AWS n’y possède aucune présence physique. «Même si nous n’avons en effet aucun projet à annoncer à ce sujet pour le moment, nous ouvrons sans cesse de nouveaux data centers dans le monde. D’ores et déjà, de nombreux clients en Suisse utilisent AWS grâce à des centres qui se trouvent dans les pays limitrophes. A la différence de nos concurrents, nos données ne sont pas répliquées entre deux centres, mais dans trois centres, ce qui assure un haut niveau de sécurité», affirme Ian Massingham. Pour le responsable, malgré la distance, le temps de latence est ainsi satisfaisant pour les clients suisses.

Lire aussi: Google ouvrira un centre de données en Suisse

L’«évangéliste technologique» d’AWS l’assure, la place de numéro un mondial de la société n’est pas une «obsession»: «C’est la conséquence logique de la qualité de nos services, et ce depuis 2006. Nous sommes le premier acteur majeur à être entré sur ce marché.» AWS affirme avoir lancé près de 2000 services et fonctionnalités dans le courant de l’année dernière sur sa plateforme «cloud». «Les entreprises sont capables de créer désormais des applications de robotique. Nous investissons aussi beaucoup dans l’intelligence artificielle et le «machine learning», ce qui donne la possibilité aux entreprises de prévoir l’évolution de leurs stocks ou leur consommation d’énergie», explique le responsable. Un autre service permet aux sociétés de proposer à leurs clients des recommandations personnalisées pour leurs achats en ligne.

«Beaucoup à faire»

Selon Ian Massingham, le marché global du «cloud» a beau peser environ 33 milliards de dollars par an, sa progression n’est pas finie. «Au total, les dépenses en services informatiques, de la part des entreprises et du secteur public, avoisinent les 3000 à 4000 milliards de dollars par an. Il y a donc beaucoup à faire dans le «cloud.»

A noter qu’AWS est la vache à lait d’Amazon. Lors du dernier trimestre, ses ventes ont progressé de 35% pour atteindre 9 milliards de dollars. AWS a représenté à lui seul 71% du bénéfice opérationnel du groupe.

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