Au vu de la demande croissante en personnel, les besoins de formation pour l'aviation sont énormes. Et les compagnies aériennes régionales n'échappent pas à la règle. Ces cinq dernières années, par exemple, le centre de formation de Crossair – l'«ancêtre» de Crosscat – a instruit 1000 pilotes, 2000 hôtesses de l'air et 500 mécaniciens. Ces chiffres devraient encore augmenter avec l'extension du centre de formation aujourd'hui trop à l'étroit. Le nouveau bâtiment est en construction et il abritera notamment 12 simulateurs de vol, alors qu'il n'y en a qu'un seul (deux dès le mois de juin prochain) actuellement.

Né au début de l'année d'une «joint-venture» entre Crossair et GE Capital Aviation Training, une société du groupe General-Electric spécialisée dans la formation de personnel pour l'aviation, Crosscat s'est fixé un objectif ambitieux: devenir le plus important centre européen de formation pour le transport aérien régional. Une formation certifiée selon les directives des JAA (Joint Aviation Authorities), ce qui signifie qu'elle est reconnue en Europe et permet aux pilotes, hôtesses ou mécaniciens sur avion de travailler dans d'autres pays.

Le plus gros «client» de Crosscat sera évidemment Crossair. Les futurs pilotes de la compagnie bâloise auront la priorité sur les simulateurs de vol. Mais, comme ce fut le cas jusqu'à présent, «nous revendrons les surcapacités à d'autres opérateurs européens», explique Nicholas Chambers, chef instructeur chez Crosscat. Le choix d'un certain nombre de modèles de simulateurs se fera ainsi en fonction de la demande de l'aviation régionale.

Crosscat caresse également un projet novateur pour la formation des pilotes. Une expérience que ses responsables comptent présenter à l'OFAC, l'Office fédéral de l'aviation civile, en juin prochain. Selon ce nouveau concept, un jeune qui n'aurait jamais volé entrerait chez Crosscat et en ressortirait pilote avec une qualification sur un type précis d'appareil (par exemple un Embraer 145) sans avoir passé, comme c'est l'habitude en Suisse, par un aéro-club. En clair: sans avoir préalablement volé un certain nombre d'heures sur un petit avion. «Nous estimons qu'il est possible de se passer de ces heures de vol pour devenir pilote de ligne, moyennant un plus grand nombre d'heures en simulateurs de vol», lance Nicholas Chambers. Un moyen aussi de moderniser la formation et de tenter de la rendre plus attrayante.