Lorsque les Américains ne confondent pas la Suisse avec la Suède, ils vantent les mérites de notre pays auprès de leurs entreprises. Un guide du Département du commerce américain le décrit, selon un article de Swissinfo, comme étant «un excellent marché test pour introduire de nouveaux produits en Europe». Cet ouvrage explique que «le pays est très développé, qu'il possède un marché multilingue et qu'il se situe au milieu de l'Europe. La population est en outre très bien formée et possède un niveau de vie très élevé.» Parmi les autres avantages qu'offre la Suisse, expliqués par les Américains, on trouve sa politique économique libérale, ainsi que son système légal développé qui «protège les investissements». La loi suisse promeut la flexibilité du travail. La réputation des employés peu combatifs syndicalement par rapport à leurs voisins fait aussi partie des atouts helvétiques. Toujours selon le guide américain, la main-d'œuvre est qualifiée dans les industries des machines, de la métallurgie, de l'électronique et de la chimie. Même la force du franc et les standards exigeants du secteur financier sont décrits comme étant des facteurs positifs. «La Suisse est clairement vue comme la meilleure place pour investir par rapport à ses voisins.» En effet, l'Allemagne y est décrite comme étant un pays bureaucratique et protectionniste. Le Département du commerce américain met aussi en garde les investisseurs sur le haut niveau des taxes et les 35 heures introduites en France par l'ancien gouvernement socialiste.

Les accords de l'OMC attendus

Si la Suisse semble être un eldorado pour les investisseurs américains, il n'empêche que son secteur agricole pose problème. Le guide dit que «les agriculteurs suisses sont les plus protégés et les plus subventionnés du monde». Mais l'ouvrage relativise en espérant que l'application des accords de l'OMC va niveler cet inconvénient…

Il est en tout cas clair que la chaîne de café Starbucks en collaboration avec le groupe BonAppétit ne s'était pas cachée, lors de sa présentation il y a trois ans à Zurich, qu'elle avait choisi la Suisse comme marché test pour ouvrir son premier coffe-shop. McDonald's avait suivi le même raisonnement en inaugurant son premier hôtel Golden Arch en Suisse au printemps 2001. Désormais, on comprend mieux pourquoi certaines entreprises américaines ferment leurs portes après quelques années passées en Suisse. Simplement, le test n'a pas été concluant.