Le suspense a pris fin, en même temps que les espoirs suisses. Comme l'avait annoncé le quotidien irlandais Irish Times dans son édition de lundi, Amgen, numéroun mondial de la biotechnologie avec un chiffre d'affaires estimé à 12 milliards de dollars (15,2 milliards de francs) en 2005, n'a choisi ni Galmiz (FR), ni Yverdon (VD) pour implanter son site de production, de recherche et de développement en Europe.

Le groupe américain, qui pèse quelque 117 milliards de francs en Bourse, a finalement jeté son dévolu sur la ville de Cork, en Irlande, a-t-il annoncé mardi dans un communiqué. La politique fiscale et de promotion économique dynamique et généreuse a fait partiellement pencher la balance en faveur de l'Irlande, au détriment de Singapour et de la Suisse. Les infrastructures routières et ferroviaires seront améliorées à la charge de l'Etat irlandais.

En contrepartie, la société active dans les médicaments contre l'ostéoporose, l'anémie et l'oncologie (cancer colorectal) investira plus de un milliard de dollars dans son nouveau site. Parallèlement, plus de 1100 emplois seront créés à Cork d'ici à 2010. «Amgen a évalué d'autres sites attractifs dans différents pays, mais a privilégié l'Irlande en raison de son environnement biotechnologique prospère, de ses infrastructures de soutien à la production et de son climat propice aux affaires», souligne le vice-président de la production, Fabrizio Bonanni. A Cork, Amgen rejoindra notamment les sociétés pharmaceutiques Pfizer, Glaxo, Novartis et Eli Lilly.

Maintien en Suisse

Malgré cet échec pour les cantons helvétiques, Amgen conservera une partie de ses activités en Suisse. En décembre, le management chargé de l'expansion internationale du groupe a déménagé de Lucerne à Zoug. Entre 250 et 300 employés y travaillent actuellement, sur un total de 14000 à travers le monde. «Dans les prochaines années, nous créerons des emplois en fonction de notre rythme de croissance. Aucun chiffre ne peut être articulé pour l'instant», souligne Arnd Wagner, porte-parole de la biotech californienne.

Pour mémoire, le site de Galmiz avait provoqué une levée de boucliers en mars dernier. Des opposants écologistes refusaient le changement d'affectation de la zone prévue pour l'implantation du site du groupe californien. Ils avaient adressé une lettre de protestation à Kevin Sharer, patron du groupe actif dans 24 pays.

Ce vent contraire n'a pas influencé Amgen. «Les opposants à notre venue n'ont pas eu de poids par rapport à notre décision. A part Galmiz, nous avions d'autres possibilités de sites en Suisse», fait remarquer Arnd Wagner. Mais la fiscalité irlandaise a certainement été jugée comme plus favorable que les exonérations helvétiques.