Après Clariant, Toyota, Nissan et BMW, ABB invoque la cherté du prix du pétrole et des matières premières pour expliquer le rétrécissement de ses marges. «Même si on assiste maintenant à un recul des cours, les niveaux atteints sont tels que nos mesures d'économies restent d'actualité», a déclaré Brice Koch, le responsable de l'unité Transformateurs à l'occasion d'une conférence de presse téléphonique jeudi.

Les matières premières sont orientées à la hausse depuis bientôt trois ans. Mais, pour ces entreprises, la dernière envolée des cours depuis le début de l'année semble être la goutte d'eau qui fait déborder le vase; un vase déjà à moitié rempli par d'autres problèmes. Avec ses transformateurs, ABB évoluait dans un secteur alourdi par les surcapacités: «Avant la libéralisation du marché, de nombreux pays protégeaient leur fabricant national. Il en résulte aujourd'hui une offre pléthorique qui peine à s'ajuster, a expliqué Fred Kindle, directeur général d'ABB. C'est le plus gros problème dans ce marché.» La restructuration annoncée jeudi a été déclenchée par l'addition de cette pression à la hausse des matières premières.

«ABB a trop d'usines de transformateurs qui se trouvent souvent dans des pays matures. C'est le dernier grand problème dans la structure des coûts. La direction s'est enfin résolue à le traiter», se réjouit Alessandro Migliorini, analyste chez Helvea à Genève.

Fred Kindle a aussi expliqué que la fermeture de plusieurs usines dans les pays développés répondait au besoin de se rapprocher d'une clientèle de plus en plus asiatique. L'Asie, où la croissance est plus rapide, génère 21% des ventes avec seulement 16% des employés. L'Europe est à respectivement 59% et 52%, mais avec plusieurs milliers de salariés travaillant dans les centres de recherche et développement. Le déséquilibre n'est pas si évident. Fred Kindle entame-t-il une délocalisation vers des pays à plus bas salaires?