L'Association suisse des analystes financiers (SFAA) a fait savoir lundi que 99% de ses 1600 membres avaient signé une «déclaration» selon laquelle ils s'engageaint à respecter son «manuel des bonnes pratiques». Cette formalité, à laquelle devront dorénavant se plier tous les professionnels rejoignant l'association, sera reconduite tous les deux ans.

Un assortiment de mesures d'autorégulation

La SFAA a adopté cette nouvelle charte éthique en 2004. Elaborée selon le précepte suivant, «l'éthique c'est connaître la différence entre ce que vous avez le droit de faire et ce qui est la bonne chose à faire», elle consiste en un assortiment de mesures d'autorégulation (lire encadré). Ce document complète et approfondit l'ancien code d'éthique de l'association et sera mis à jour au gré des évolutions de l'industrie financière. «La déclaration a été très bien accueillie», s'est félicité Marco Curti, le président de la SFAA dans un communiqué. «Nous nous attendions à de vives réticences. Mais il paraît évident maintenant que nos membres ont conscience que notre profession doit se conformer à de strictes normes éthiques.»

Cette procédure s'inspire de celle à laquelle sont soumis depuis toujours les détenteurs du Chartered Financial Analyst (CFA), le diplôme délivré à travers le monde par la très puissante association américaine des analystes financiers créée dans les années 1960. Pour continuer d'apposer le précieux sigle CFA sur leur carte de visite, les membres de l'association remplissent et signent chaque année une «déclaration de conduite professionnelle». Elle stipule qu'ils n'ont pas contrevenu au code d'éthique ni aux normes professionnelles élaborés par la CFA Institute et qu'ils continueront à les respecter, rappelle Julien Froidevaux, président en fonction de la Swiss CFA Society. Faute de quoi, ils encourent une suspension par l'association.

La SFAA a aussi prévu une telle sanction. Elle souligne avoir exclu onze professionnels, qui, en dépit de multiples relances, n'avaient pas ratifié leur déclaration à temps. Quatre personnes ont, pour leur part, décidé de leur propre chef de quitter l'association pour marquer leur désapprobation avec cette nouvelle formalité.