Les trois sociétés genevoises liées au groupe Socimer, à l'origine d'un vaste scandale financier qui secoue l'Espagne depuis plus d'un mois, Socimer Finance Holding SA, Socimer Capital Market SA et Nousco-Nouvelle société commerciale SA, cessent leurs activités. Les 18 employés de ces trois sociétés ont été sèchement licenciés. Ces sociétés appartiennent au négociant espagnol Transafrica, en cessation de paiements depuis le début du mois.

Actionnaire important de Transafrica (49% du capital), le groupe André & Cie, un important négociant et armateur suisse, a décidé de dissoudre ces sociétés. «Nous les liquidons pour nous protéger», a précisé vendredi Yves Cuendet, secrétaire général d'André & Cie.

Le négociant lausannois s'applique depuis plusieurs semaines à couper les fils qui le lient au négociant espagnol Transafrica ou aux sociétés du groupe Socimer.

Le réviseur des trois sociétés genevoises, la fiduciaire KPMG Fides Peat, s'est refusé vendredi à commenter ces nouvelles. KPMG n'a pas jugé utile d'informer la CFB (Commission fédérale des banques) de la situation critique dans laquelle se trouvaient ses clientes. «KPMG aurait pu nous avertir», relève Daniel Zuberbühler, directeur général de la CFB, qui suivait l'évolution de ce dossier depuis plusieurs semaines.

La CFB n'a pas voulu liquider les sociétés du groupe Socimer, estimant que cette tâche en incombait à ses actionnaires. Parmi les trois entités qui ferment leurs portes, Socimer Finance Holding, dotée d'un capital de 13,9 millions de francs, est celle qui est le plus directement concernée par le scandale espagnol: c'est elle qui possédait la Socimer International Bank, une banque domiciliée dans les Bahamas qui doit 12,8 milliards de pesetas (128 millions de francs) à 3500 petits investisseurs espagnols.