«Nous restons actifs sur tous les dossiers.» Friedrich Sauerländer, CEO d'André & Cie à Lausanne, a confirmé lundi des informations du Financial Times à propos des discussions que mène le groupe en sursis concordataire. «Nous avons signé une lettre d'intention avec Bunge en ce qui concerne nos activités en Argentine», a affirmé le patron d'André. Selon le quotidien britannique, André & Cie pourrait vendre ce pôle au groupe d'origine brésilienne mais basé aux Etats-Unis. Selon Friedrich Sauerländer, «nous ne parlons pour l'instant que de renforcer notre coopération. A terme, ces contacts pourraient toutefois déboucher sur une vente». Le CEO a par ailleurs confirmé des discussions de vente du pôle Asie d'André & Cie, qui couvre dix pays, avec les banques partenaires de la compagnie dans cette région du monde.

Le porte-parole de Bunge expliquait le 9 mars au correspondant de Reuters à Chicago que sa compagnie n'était pas intéressée par des actifs de André & Cie. La firme suisse dispose en Argentine d'activités industrielles, une usine de pression d'huile notamment, qui peuvent potentiellement intéresser ses concurrents. Ces derniers ne souhaitent en effet pas racheter des fonds de commerce d'opérations de négoce, qui ont peu de valeur en eux-mêmes.

Prochaine introduction en Bourse

Bunge, premier exportateur au monde de soja, affiche un chiffre d'affaires supérieur à 10 milliards de dollars. Ce groupe, fondé au XIXe siècle, s'est spécialisé dans trois domaines: les matières premières (environ 40% de sa valeur), les fertilisants (30%) et l'industrie de transformation (30%), qui couvre aussi bien des minoteries que des produits alimentaires. Les spécialistes du secteur s'étonnent de voir Bunge se lancer dans des acquisitions, alors que le groupe vise une introduction en Bourse dans ces prochains mois afin de financer ses plans de développement.

En 1999, André & Cie a perdu 285 millions de dollars, notamment suite à d'importantes pertes sur le soja, puis 209 l'année suivante. Le groupe André a obtenu un premier sursis concordataire de deux mois, effectif dès le 8 mars. La direction entend poursuivre ses activités au Brésil et en Asie avec la volonté de trouver des partenaires ou des acquéreurs.