«C’est un changement culturel majeur qui doit encore être accepté»

Le directeur de la start-up californienne Matternet, Andreas Raptopoulos, était de passage en Suisse pour présenter à la presse le drone qui livrera des colis pour La Poste.

Le Temps: Aux Etats-Unis, les autorités de l’aviation ont freiné le développement des drones postiers. Voulez-vous prouver en Suisse qu’il est possible de les faire voler en toute sécurité?

Andreas Raptopoulos: Là-bas, nous sommes encore en discussion pour permettre les vols d’essai. Nous espérons que notre présence en Suisse permettra de débloquer la situation ailleurs.

– Théoriquement, le cadre juridique suisse interdit pourtant les drones autonomes…

– L’Office fédéral de l’aviation a joué un rôle fondamental en prévoyant une exception pour nos vols d’essai. C’est la première fois qu’un tel organisme certifie nos drones. Pour la suite, nous espérons que la loi évoluera favorablement avec les premiers vols réussis. Au niveau juridique, la clé, c’est cet aspect de contact visuel permanent. Cela représente un changement culturel important. Beaucoup de gens ne sont pas encore prêts à voir des machines voler sans pilote aux alentours.

– Croyez-vous les Suisses prêts à accepter cela?

– Je pense qu’ils sont en général plus ouverts à ce genre d’innovation. La Suisse accueille deux des meilleures universités du monde. Il y a un grand héritage en matière de technologies de précision qui a permis de poser les fondations de ce qu’est Matternet.

– Vous avez parlé de changement de paradigme durant la présentation. Voyez-vous, à long terme, le drone remplacer le postier?

Les acteurs traditionnels comme La Poste sont déjà confrontés à la concurrence de DHL. Je pense que notre collaboration avec La Poste permettra d’étendre leurs activités plutôt que de les remplacer. Il y a un marché de la livraison par drone qui se développe. Dans trois ans, il sera trop tard pour s’y mettre.