Quittera, quittera pas? Les spéculations se sont poursuivies de plus belle vendredi sur l’avenir de la Grèce au sein de la zone euro. Elles ont été alimentées notamment par des propos attribués à la chancelière allemande. A l’occasion d’un échange avec le chef de l’Etat grec Carolos Papoulias, Angela Merkel aurait «évoqué l’idée d’organiser un référendum, parallèlement aux élections [législatives de juin], sur la question de savoir si les citoyens grecs souhaitent ou non rester dans la zone euro», selon un communiqué d’Athènes. Berlin a démenti en début de soirée de tels propos.

Hier encore, le commissaire européen au Commerce Karel de Gucht a affirmé que Bruxelles étudiait divers scénarios. Dans une interview au quotidien belge De Standard, il a ajouté qu’«il y a un an et demi, il y avait peut-être le danger d’un effet de domino. Mais aujour­d’hui, il y a, tant au sein de la Banque centrale européenne (BCE) que de la Commission, des services qui étudient les scénarios de secours.» La Commission a toutefois émis un démenti.

La veille, l’agence Fitch avait encore abaissé la note à long terme de la dette grecque à «CCC» contre «B» auparavant, citant un risque accru de sortie de la zone euro. Après de vaines tentatives de former un gouvernement à l’issue des élections du 6 mai, le pays retourne aux urnes le 17 juin. C’est pour cette raison d’ailleurs que le FMI qui, avec la Commission européenne et la BCE, supervise l’application du plan de redressement a suspendu toute relation en attendant l’installation d’un gouvernement élu.

La banque UBS y est allée aussi de ses pronostics et a estimé à une probabilité de 20% la sortie de la Grèce de la zone euro. Dans une note interne, elle a affirmé que les conséquences seront multiples non seulement pour la Grèce, mais aussi pour la zone euro. La probabilité peut augmenter à 33% dans les douze prochains mois, et jusqu’à 60% d’ici à trois ans.

Banques espagnoles visées

En Espagne, l’agence Moody’s a sanctionné 16 banques fragilisées par l’explosion de la bulle immobilière. Leurs clients ont vidé leurs comptes à hauteur d’un milliard d’euros cette semaine. Des analystes parient que Madrid finira par faire appel à l’aide de Bruxelles pour refinancer les banques.

Néanmoins, les assurances données par le Ministère allemand des finances selon lesquelles la Grèce ne sortira pas de la zone euro et que l’Espagne a les moyens d’aider ses banques ont calmé les craintes. Les bourses européennes ont minimisé leurs pertes et l’euro a même légèrement progressé.