Mon premier est une jeune entreprise lausannoise qui veut bouleverser le marché romand de l'analyse médicale. Mon second, un groupe prometteur qui a développé une technique particulière de reconnaissance des empreintes digitales capable de révolutionner la sécurité informatique. Mon troisième est une jeune société française, attirée par les rivages lémaniques, qui veut commercialiser un système de gestion des erreurs dans les réseaux informatiques. Mon quatrième est une autre entreprise qui se lance dans la technologie de l'archivage électronique. Mon cinquième est une société prometteuse qui veut commercialiser un procédé d'impression des photos digitales par Internet. Mon tout? Cinq dossiers de capital-risque ou développement qui sont arrivés depuis juillet dernier chez les trois partenaires de Venture Partners AG à Zurich.

Animée par l'homme d'affaires indépendant Massimo Lattmann, par l'ancien responsable de la société d'investissement de Stephan Schmidheiny, Hans van den Berg, et par le Romand Olivier Tavel, actuel président du conseil d'administration de Datacolor International AG, cette entreprise est chargée de la gestion des fonds de MiniCap Technology Investment AG à Zurich. Ce véhicule financier, qui se présentait hier à la presse économique zurichoise, est l'alter ego non institutionnel de la Fondation d'investissement Renaissance qui s'est fixée pour but de stimuler les prises de participation des caisses de pension suisses dans des entreprises en phase de démarrage ou de développement.

Derrière MiniCap Technology Investment AG, dont les premiers fonds de 25 millions de francs devraient être complétés par l'apport de 60 autres millions levés dans le cadre d'un placement privé présenté hier à Zurich, se profilent des acteurs bancaires de premier rang. Lombard Odier & Cie à Genève, Vontobel à Zurich et la SBS à Bâle ont donné les premiers. La Banque Cantonale de Zurich emboîte le pas pour les 60 autres millions avec ABN Amro Bank NV et Julius Baer à Zurich, la BSI à Lugano, la Banque von Graffenried à Berne et le trio bancaire initial. «Entre MiniCap Technology et la Fondation Renaissance qui a déjà réuni une cinquantaine de millions, nous voulons avoir une taille critique de 120 à 160 millions pour réaliser des investissements permettant de générer une rentabilité supérieure à 20%», explique Olivier Tavel.

Avec quatre à cinq millions placés en moyenne dans des projets rigoureusement sélectionnés – cinq dossiers seulement ont été choisis parmi les 200 qui lui ont été soumis –, le trio de Venture Partners AG veut concentrer son expertise industrielle, financière et commerciale sur une trentaine de sociétés au maximum dont les partenaires seront administrateurs. Pour y être plus présents encore, ils ont créé une association de «business angels». Ces entrepreneurs peuvent co-investir dans les entreprises sélectionnées en échange de leur expertise. «Dès que la levée des capitaux sera finie, c'est-à-dire en avril, nous nous concentrerons sur les investissements et mettrons environ deux ans pour placer nos capitaux», explique Olivier Tavel.

Sans s'engager au-delà de 20 à 30% du capital des entreprises visées, sauf s'il faut redresser l'une ou l'autre auquel cas les «venture capitalistes» exigent d'avoir les coudées franches, l'objectif du trio de MiniCap Technology Investment AG est de faciliter l'accès au capital à des entrepreneurs qui devraient sinon exporter leurs capacités d'innovation. «Sur la base d'une logique économique qui doit toujours exister, d'une analyse financière et surtout industrielle, nous les pouponnons», relève Olivier Tavel. Qui sait de quoi il parle en matière de capital risque. Il a tiré du gouffre Datacolor International AG et en a fait en trois ans la filiale de croissance du groupe brassicole Eichhof AG à Lucerne.

Définir la stratégie des entreprises, assurer un suivi humain, fournir les compétences, amener du réalisme dans les plans de développement des sociétés sélectionnées, en structurer le reporting, engager une logique de croissance hors des limites suisses... autant de tâches qu'Olivier Tavel et ses partenaires estiment essentielles pour y jouer leur rôle d'accompagnateurs. Au bout du compte, ils visent l'entrée en bourse de ces sociétés dans les trois à cinq ans. Quant à MiniCap Technology Investment AG, une cotation est prévue d'ici à l'an 2000. Pour que ceux qui s'y sont engagés à long terme puissent réaliser, avec un profit supérieur à 20%, une partie de leur investissement.