Pêcher, cueillir des fruits, remodeler des paysages, s’adonner au troc avec des villageois… des activités simples, des activités hors de portée en ces temps de confinement ou de semi-confinement, des activités qui font rêver… C’est justement ce que propose le jeu vidéo Animal Crossing depuis le 20 mars. Le nouvel opus de Nintendo fait actuellement des ravages, tant il semble le cocktail parfait d’onirisme et de bienveillance en cette période sombre. L’occasion de se plonger quelques instants dans un univers fantastique qui fait le bonheur de millions de joueurs.

Car c’est bien en millions qu’il faut compter. Lancé le 20 mars, le jeu vidéo s’est vendu à 11,77 millions d’unités en seulement onze jours. Jamais un jeu sur la console Switch de Nintendo n’avait connu un tel démarrage depuis le lancement de la machine en 2017. En six semaines, le titre s’est écoulé à 13,4 millions d’unités, dopant les résultats du groupe japonais. Seulement dix jours après sa sortie, ce jeu est déjà devenu le septième titre le plus vendu sur la Switch. La consommation de jeux vidéo augmente logiquement durant le confinement. Mais Animal Crossing les surpasse tous.

Avant-goût sur smartphone

Pourtant, Animal Crossing n’est pas si nouveau que cela. Le premier opus de cette série date de 2001 déjà au Japon, sur la console Nintendo 64. L’année suivante, il était disponible en Occident avec sa version GameCube. Depuis, la firme japonaise n’a cessé d’exploiter cette licence. Le jeu est disponible avec une version gratuite sur smartphone (systèmes iOS et Android) depuis 2017 avec la version Animal Crossing: Pocket Camp. Ce jeu, limité, est gratuit et permet de se faire une première idée de ce titre. Mais le jeu phare est quant à lui disponible avec la version Animal Crossing: New Horizons sur console Switch. Comptez environ 60 francs pour le jeu et 320 francs pour la console.

Dans ce nouvel opus, le principe est resté le même: une liberté totale. Le joueur peut d’abord paramétrer son apparence à sa guise. Ensuite, il va évoluer dans des univers où il lui sera possible d’avoir une influence quasi totale. Remodeler des paysages, modifier l’ordonnancement de ses arbres fruitiers, concevoir ses propres meubles… aucun but précis et un immense terrain de jeu libre. Le joueur retrouve un lien avec la réalité, son univers virtuel s’adaptant à l’heure de la journée et la saison dans laquelle il vit.

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Collection de coquillages

Au cœur du jeu se trouvent des interactions avec nombre de personnages prenant la forme d’animaux divers. Et chacun d’eux suggère ou demande d’effectuer des petites missions en échange desquelles une contrepartie sera proposée. Le joueur pourra cueillir des pommes, aller pêcher ou collectionner des coquillages. Et le jeu se présente comme une vaste plateforme de troc où chaque échange permettra d’augmenter les possibilités.

Et il faut aussi suivre avec attention le cours du navet, qui ne cesse de fluctuer de jour en jour, pour en tirer le maximum de clochettes, monnaie du jeu vidéo. Oui, il y a bien un esprit mercantile et sans doute un peu capitaliste derrière le jeu, derrière un océan de bienveillance et de dégradés pastel.

Sexe et politique

Et il y a aussi des liens avec la vraie vie. On s’y retrouve entre amis, on évolue dans les mêmes univers et on visite des lieux interdits. Comme le muséum d’Angers, qui propose plusieurs fois par semaine des visites en petits groupes parmi ses collections d’os de dinosaures. Nos confrères du Monde ont repéré dans le jeu une manifestation contre Emmanuel Macron. Quant au Guardian, il s’est entretenu avec une travailleuse du sexe à San Francisco qui, faute de contacts physiques avec ses clients habituels, s’est muée en dominatrice au sein du jeu. Entre pingouins et renards, il y a donc de tout sur Animal Crossing: New Horizons.