C’était avant. Pendant les quelques jours qui ont précédé la flambée de coronavirus en Italie, faisant basculer la crise sanitaire au statut de pandémie mondiale: une virée dans la vallée suisse du biscuit en période de carnaval qui s’apparentait à une plongée dans un roman pour enfants. Depuis Berne, en ce 20 février, les familles grimées aux perruques colorées se serrent dans le train jonché de confettis qui, après une halte chez le fabricant bernois de bricelets Kambly, s’arrêtera à Malters. C’est dans ce décor de carte postale, au cœur de la Suisse, que se trouve le quartier général du lucernois Hug, des fours duquel sortent les Chocoly ou les Dar-Vida.

Depuis, la crise sanitaire a dessiné les contours d’une crise économique, qui ternit le bilan de l’entreprise familiale fondée il y a plus de cent quarante ans: d’une croissance de 5% l’an dernier, ses codirecteurs, Andreas et Anna Hug, oncle et nièce, s’attendent désormais à une baisse de 10% des revenus. Le fabricant des Japonais et Choco Petit Beurre vendus sous la marque Wernli doit en outre répondre aux nouvelles habitudes des consommateurs, moins friands de sucre et plus soucieux de leur empreinte environnementale.