Le Temps: Le G8 s'apprête à annuler une partie de la dette des pays pauvres. En quoi est-ce important pour votre pays?

Antonio Fernando Laice: Nous avons une dette de 4,4 milliards de dollars et il est question d'effacer 2,1 milliards. Ce serait un grand soulagement. Les intérêts sont comme une épée de Damoclès. Il faut sans faute passer à la caisse à l'échéance. Si on est en retard, les sanctions tombent. Des bailleurs de fonds peuvent fermer le robinet. Nous espérons affecter les économies liées à l'effacement de la dette à la santé et à l'éducation.

– Pourquoi est-il important de recevoir encore plus d'aide?

– Nous sommes en train de reconstruire ce qui a été détruit durant la guerre civile. Nous ne parlons pas encore de nouvelles infrastructures; il s'agit de retrouver le niveau de 1975, année de l'indépendance. Il faut investir aussi dans les transports. Ils sont indispensables pour le développement de notre agriculture. Nous aimerions également investir dans le tourisme. Nous avons un grand potentiel. Le budget courant ne permet pas ces investissements.

– Avez-vous la capacité d'absorber plus d'aide?

– Oui, mais nous devons former des cadres. Le besoin ne manque pas, mais nous n'avons souvent pas les ingénieurs et autres experts pour mener les projets. Il faut des interlocuteurs compétents pour répondre aux questions des bailleurs de fonds, aux évaluateurs et aux parlementaires des pays donateurs qui veulent s'enquérir de l'utilisation de leur argent.