Après Pictet et Lombard Odier, c’était au tour de Mirabaud de dévoiler mercredi ses résultats annuels. Antonio Palma, directeur général de Mirabaud & Cie et associé gérant du groupe, qui emploie 700 personnes, détaille les chiffres.

Le Temps: Votre bénéfice a augmenté de 16,7% à 31,6 millions de francs en 2016, ce, alors que la tendance est à la baisse des profits dans les banques privées. Comment l’expliquez-vous?

Antonio Palma: Nous avons eu une bonne fin d’année, mais, de façon générale, les produits sont plus ou moins identiques à l’année précédente. Ce sont les charges qui ont diminué notamment avec l’effet de change. Notre implantation à Londres compte une centaine de personnes, ayant une haute qualification, dans trois divisions différentes. Or ces coûts, libellés en livres sterling, ont diminué avec la chute de la monnaie face au franc. Cela dit, au-delà du cas britannique, la gestion des coûts est un enjeu pour toutes les banques de la place, nous y accordons aussi énormément d’attention. Nous avons réussi à les contrôler, c’est une bonne chose.

– La masse sous gestion est passée de 31,6 milliards à 33,1 milliards de francs. A combien s’est élevé l’apport de nouveaux fonds et d’où viennent-ils?

– La hausse de la masse sous gestion s’explique principalement par l’effet positif des marchés. Il y a toujours beaucoup de sorties et d’entrées de fonds dans les banques. Il ne faut pourtant pas se focaliser uniquement sur les actifs sous gestion, mais surtout sur leur qualité. Nous ne faisons pas la chasse aux clients juste pour gonfler les apports nets.

– Quelles sont les perspectives pour l’année en cours?

– Nous nous attendons à une année assez comparable à 2016. Rien n’indique qu’elle pourrait être plus difficile. Les marchés sont positifs, mais qu’ils le soient ou non, toute la place les subit, ce n’est pas là que nous faisons la différence. Nous continuons à travailler, à nous développer et à résister à la concurrence, qui est vive dans notre secteur.

– Vous êtes très présents à Londres. Alors que le «Brexit» va se matérialiser, réfléchissez-vous à réduire la voilure?

– Londres va rester la place la plus importante dans la finance européenne. Et le fait qu’elle ne soit plus dans l’Union européenne (UE) lui donnera paradoxalement peut-être encore plus un côté indispensable. D’ailleurs, prenez la Suisse: elle n’est pas dans l’UE, cela ne l’empêche pas d’être la première place au monde dans la gestion de fortune, malgré les limites dans l’accès aux marchés. Si des banques quittent Londres, c’est une décision qui leur est propre. Là encore, des établissements internationaux ont quitté la Suisse ces dernières années. Mais nous, nous ne nous y sommes jamais sentis aussi bien.


Bénéfice en hausse

Mirabaud a dégagé en 2016 un bénéfice net en croissance de 16,7% sur un an à 31,6 millions de francs. Les avoirs administrés par l’établissement bancaire genevois ont augmenté à 33,1 milliards de francs à la fin de l’an dernier, en progression de près de 5% par rapport à fin juin, a indiqué la banque genevoise mercredi.

Les revenus sont restés stables (-0,7%) à 289 millions de francs. Les charges ont baissé de 2,4% à 244,4 millions, hors amortissements et impôts. Le total du bilan à fin 2016 se montait à 4,33 milliards de francs, en hausse de 3,5%. Sur le plan de la solvabilité, le groupe affichait un ratio de fonds propres dits durs (Tier 1) en recul d’un point de pourcentage environ à 20%. (M. F.)