AOL… Un nom qui fleure, pour Internet, la naphtaline. Et pourtant, ce symbole de la bulle Internet du début des années 2000 est à nouveau en chasse. Lundi, il annonçait le rachat, pour 315 millions de dollars (301 millions de francs), du journal en ligne Huffington Post . Celui-ci doit réaliser un chiffre d’affaires de 50 millions en 2010. L’opération doit augmenter fortement l’audience du réseau d’AOL. Celui-ci tente depuis plusieurs mois, sans faire de vagues, de se profiler sur le marché de l’information.

Le temps de sa valorisation à 165 milliards de dollars lors de sa fusion, en 2001, avec Time Warner est bien loin – elle est aujourd’hui de 2,3 milliards. Séparé de ce dernier depuis 2009, AOL a réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de 2,4 milliards de ­dollars, en baisse de 26%.

Un marché voué à disparaitre

A l’heure de l’ADSL et de la fibre optique, AOL a encore gagné 41% de ces 2,4 milliards avec des abonnements à Internet à bas débit (ou «dial up», via les vieux modems 56k). Un marché pour le moins voué à disparaître, d’autant que, le révélait fin janvier le New Yorker , 75% des abonnés d’AOL ne devraient rien lui payer, car ils disposent déjà d’une connexion à Internet en parallèle… AOL, c’est aussi aujourd’hui un réseau de dizaines de sites ­d’information rachetés ces derniers mois, dont TechCrunch (dédié aux nouvelles technologies) acquis en septembre dernier pour environ 30 millions de dollars. Avant lui, Engadget (similaire à TechCrunch) et PopEater (informations people) avaient été rachetés. Du coup, AOL mise beaucoup sur la publicité en ligne, avant tout sous forme graphique, pour tirer parti de son audience de 245 millions d’internautes. Mais voilà, AOL ne parvient de loin pas à suivre Google sur ce marché, ses revenus publicitaires ayant chuté de 26% en 2010.

800 millions perdus

Le Huffington Post et ses 25 millions de lecteurs doivent renforcer l’audience d’AOL, tout en lui permettant d’oublier l’une de ses dernières opérations. Acquis en 2008 pour 850 millions de dollars, le réseau social Bebo avait ainsi été revendu par AOL pour moins de 10 millions en juin 2010. Directeur d’AOL, Tim Armstrong a insisté lundi sur l’apport non seulement du Huffington Post, mais aussi de sa fondatrice. Arianna Huffington prendra ainsi la responsabilité éditoriale de l’ensemble des sites d’informations de la nouvelle galaxie d’AOL.