Les 49 pays les moins avancés (PMA) doivent diversifier leur économie. L’ONU a lancé mercredi le processus qui conduira à l’adoption d’un nouveau plan d’action mondial en faveur des PMA l’année prochaine.

«Il est essentiel que les pays les plus pauvres développent leurs capacités de production, sinon ils ne tireront pas avantage des préférences commerciales que les pays riches leur accordent», a déclaré à la presse le secrétaire général adjoint de l’ONU et Haut Représentant pour les PMA, Cheick Sidi Diarra.

Les 49 PMA ne représentent toujours qu’1% du commerce mondial, malgré des facteurs favorables comme la hausse du prix des matières premières.

«Les PMA restent prisonniers du piège de la pauvreté, malgré les efforts faits pour l’ouverture de leurs frontières», a affirmé le secrétaire général de la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED) Supachaï Panitchpakdi.

Hausse des prix

Pour Cheikh Diarra, la hausse des prix des matières premières est une bonne nouvelle, mais elle ne bénéficie pas assez aux PMA parce qu’ils les exportent sous une forme brute. Les producteurs ne profitent pas ou peu de la hausse de la demande.

«Il faudrait des transferts de technologie pour que les matières premières soient traitées sur place et qu’elles puissent créer de la valeur, des emplois et bénéficier à l’économie des PMA», a affirmé le responsable de l’ONU.

«Les PMA doivent se diversifier», a affirmé M. Supachaï. Il a noté comme facteur positif que les flux d’investissement des pays émergents vers les pays plus pauvres ne sont pas exclusivement concentrés sur les matières premières, mais touchent d’autres secteurs comme les télécommunications, les infrastructures et le tourisme.

Le responsable de la CNUCED a souhaité que les PMA puissent récolter rapidement les fruits d’une conclusion du cycle de Doha négociés à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et que les conditions posées par les pays riches soient assouplies.

«Mais ces pays ne pourront pas profiter d’un meilleur accès au marché s’ils ne bénéficient pas des capacités de production nécessaires, en particulier dans le secteur manufacturier», a averti M. Supachai.

Une réunion préparatoire à la IVe conférence sur les PMA qui se tiendra à Istanbul (Turquie) en mai 2011 regroupe jusqu’à vendredi à Genève des représentants des organisations internationales, du secteur privé, des ONG et des gouvernements.