La pénurie mondiale de composants électroniques handicape de nombreuses industries, de l'électronique à l'automobile, mais pas Apple, qui a battu de nouveaux records de ventes pendant la saison des fêtes, réalisant près de 124 milliards de dollars (111,18 milliards d'euros) de chiffre d'affaires en trois mois.

Les ventes d'iPhone ont dépassé les 71 milliards de dollars (63,6 milliards d'euros), portées par la forte demande pour la gamme d'iPhone 13, notamment en Chine. Apple compte désormais 1,8 milliard d'appareils en utilisation dans le monde.

En tout, le géant des technologies a dégagé un bénéfice net de 34,6 milliards de dollars (31 milliards d'euros), au premier trimestre de son exercice décalé.

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«Malgré la pandémie, nous avons atteint les plus hauts revenus de l'histoire d'Apple», s'est félicité le patron Tim Cook jeudi, lors d'une conférence aux analystes. «Nous avons réalisé des records aussi bien dans les marchés développés qu'émergents et avons vu nos revenus croître dans toutes nos catégories, sauf les iPad, qui sont freinés par les difficultés sur la chaîne d'approvisionnement.»

Une pénurie surmontée

Les résultats du fabricant de l'iPhone étaient très attendus, à la lumière de la pénurie mondiale de semi-conducteurs, causée par la forte demande en appareils et services connectés et les retards de production dans les usines à cause du Covid-19.

«Nous pensons qu'Apple a vendu plus de 40 millions d'iPhone pendant la saison des fêtes, soit un record pour le groupe de Cupertino, malgré la pénurie», a estimé Dan Ives, un analyste de Wedbush. «La question des puces est temporaire, à notre avis.»

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Apple, comme d'autres sociétés, avait dû revoir à la baisse ses objectifs de production pour la fin de l'année 2021, notamment pour l'iPhone 13, sorti à l'automne. Et Tim Cook avait indiqué en octobre que les problèmes d'approvisionnement pourraient coûter 6 milliards de dollars (5,38 milliards d'euros) de revenus pendant la saison des fêtes.

Mais le pire semble passé pour le groupe californien, qui table sur des difficultés moindres pour ce trimestre que le précédent. «Jusqu'à présent, Apple a mieux géré la pénurie que la plupart des entreprises», a noté Yoram Wurmser, analyste chez eMarketer.

Popularité grandissante en Chine

La popularité des iPhone a notamment décollé en Chine, où Apple est redevenu le premier vendeur de smartphones du pays. C'est la première fois en six ans, d'après une étude de Counterpoint Research publiée jeudi. Les téléphones portables du groupe américain ont représenté 23% de ce marché au dernier trimestre, malgré un déclin des ventes de smartphones en général dans le pays (-9% sur un an).

Tim Cook s'est félicité que de nombreux Chinois aient changé de marque pour adopter un smartphone à pomme. «Les quatre téléphones qui se sont les mieux vendus dans les villes chinoises étaient des iPhone», a-t-il assuré.

Hausse de la croissance des services

Du côté des services, Apple a enregistré des recettes de 19,5 milliards de dollars (17,48 milliards d'euros) sur la période écoulée, soit un bond de 24% sur un an. C'est sa deuxième activité en termes de revenus, loin derrière les iPhone, mais devant les accessoires connectés.

Pour 2022, aux Etats-Unis, eMarketer prédit des croissances du nombre d'utilisateurs de 3% pour Apple Music, 7,5% pour Apple Pay (paiement) et 9,7% pour Apple TV+, soit 38,7 millions d'abonnés prédits pour sa plateforme de streaming, loin derrière Netflix (177 millions), Disney+, Amazon Prime Video et HBO Max (93 millions).

«Nous estimons la valorisation de la branche des services à 1500 milliards de dollars (1344,9 milliards d'euros). Cette source de revenus annuels de quelque 75 milliards de dollars (67,24 milliards d'euros) ne montre aucun signe de ralentissement», a ajouté Dan Ives.

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Apple s'attend néanmoins à une croissance moins impressionnante pour le trimestre en cours, à cause de la comparaison défavorable avec l'année 2021, quand «les confinements ont conduit à une augmentation du temps passé sur des services numériques», a précisé Luca Maestri, le directeur financier de l'entreprise. Cette perspective n'a pas douché l'enthousiasme de Wall Street: le titre d'Apple s'appréciait de plus de 4% lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse.

Pas d'annonce sur les métavers

Outre la réponse à la pénurie, les investisseurs guettent aussi Tim Cook sur le métavers, cet univers parallèle, mélange de réalités augmentée et virtuelle (AR et VR), décrit comme le futur d'Internet dans la Silicon Valley.

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Le patron ne s'est pas exprimé sur les rumeurs d'un casque de VR en préparation pour cette année, mais il a indiqué qu'il voyait «beaucoup de potentiel dans cet espace» et qu'il y «investissait en conséquence». «Nous regardons de près les domaines qui sont à l'intersection des appareils, des logiciels et des services. C'est là que la magie se produit.»