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Le magasin Apple de la Fifth Avenue à New York.
© Mark Lennihan/AP Photo

marchés financiers

Apple passe le cap des 1000 milliards de dollars en bourse

Le groupe américain est devenu jeudi la première entreprise privée au monde à franchir la barre symbolique des mille milliards de dollars de capitalisation boursière

La marque à la pomme, connue pour avoir révolutionné le monde de l’informatique et du téléphone portable avec son célèbre iPhone, est la première entreprise privée à valoir plus de 1000 milliards de dollars en bourse. Ce cap symbolique a été franchi quand l’action a atteint vers 15h50 le prix de 207,05 dollars à Wall Street.

Elle a fini jeudi à 207,39 dollars (+2,92%), soit une capitalisation boursière de 1 001,7 milliards de dollars exactement. L'équivalent du Produit intérieur brut de l'Indonésie et plus du double de celui de la Belgique (492 mds), selon les données de 2016 de la Banque mondiale.

L’entreprise publique PetroChina avait brièvement franchi ce seuil des 1000 milliards en 2007 lors de son introduction en bourse mais était vite redescendue. Même si techniquement cette étape n’est pas significative, les courtiers et investisseurs de Wall Street aiment bien le symbole que représentent les chiffres ronds.

Lire aussi: Apple échappe aux tirs croisés sino-américains

Une santé insolente

«La barre des 1000 milliards est surtout psychologique en envoyant au marché un message de croissance et d’importance», remarque Howard Silverblatt, spécialiste des indices pour S&P Dow Jones Indices. Dans la salle de marchés de la banque LBBW à New York, «il n’y a pas eu d’excitation particulière», a observé Karl Haeling, spécialiste des marchés pour l’établissement.

«Que l’entreprise vaille 990 milliards ou 1000 milliards de dollars en bourse, cela ne change pas grand-chose pour les investisseurs», souligne-t-il. «C’est surtout la preuve de l’importance qu’a pris Apple dans l’économie américaine», ajoute-t-il. Le groupe californien a encore fait preuve cette semaine de sa santé insolente en publiant ses résultats trimestriels, une performance qui a dopé l’action en bourse au cours des deux dernières séances.

Les chiffres donnent le tournis: plus de 90 millions d’iPhone vendus depuis le début de l’année, 53,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires trimestriel pour un bénéfice net de 11,5 milliards, selon les chiffres annoncés mardi 31 juillet.

Lire également: Pourquoi Apple distribue ses milliards

Réserves d’espèces colossales

«Bien sûr que je suis fier d'Apple, mais je n'évalue pas le monde avec des choses humaines simplistes, comme les chiffres ronds», a réagi dans son style ironique habituel Steve Wozniak, qui co-fonda Apple avec Steve Jobs, cité par le site d'informations financières Yahoo Finance.

«Apple est une entreprise extraordinaire», résumait récemment Bill Gates lui-même, patron d’un autre mastodonte historique de la tech, et grand rival d’Apple, Microsoft. Qui vaut 818 milliards de dollars à Wall Street. «Les géants technologiques font tous de très gros bénéfices en ce moment, mais Apple en engrange l’essentiel», ajoutait-il sur la chaîne CNBC.

En Bourse depuis 1980, Apple n’y a pas toujours été aussi florissant, frôlant même la faillite dans les années 1990. Le groupe a profité du succès de ses Mac, iPod, iPad et iPhone et de tous les services qui y sont associés. Il aligne depuis des performances record trimestre après trimestre. Assis sur de colossales réserves d’espèces, Apple a aussi procédé ces dernières années à de nombreux rachats d’actions, dopant automatiquement la valeur du titre.

Jamais là où on l’attend

Les analystes s’inquiètent parfois de voir la marque à la Pomme ne pas sortir de produit innovant. Et régulièrement, les marchés boursiers bruissent de rumeurs sur une baisse possible des ventes d’iPhone, qui représente plus de la moitié de son chiffre d’affaires, et traquent le moindre signe de faiblesse du colosse.

Pour Benedict Evans, du fonds d’investissement Andreessen Horowitz et expert reconnu du secteur technologique, c’est justement cette capacité à ne pas faire ce qui est attendu, héritée de son charismatique patron-fondateur Steve Jobs, qui constitue le plus d’Apple. «La tendance qu’ont beaucoup de gens dans la tech de présumer qu’un produit Apple va connaître un échec parce que l’entreprise fait des choix qu’ils n’auraient pas faits est l’un de ses plus gros avantages compétitifs», dit-il sur Twitter.


Apple en dix dates clés

Avril 1976 Steve Jobs, Steve Wozniak et Ronald Wayne créent Apple Computer pour vendre un modèle éponyme d’ordinateur construit par Steve Wozniak.

Décembre 1980 Apple fait ses premiers pas en bourse au prix de 22 dollars l’action.

Janvier 1984 Apple lance son premier ordinateur Macintosh avec un spot publicitaire baptisé «1984» réalisé par le célèbre metteur en scène Ridley Scott.

Septembre 1985 Steve Jobs, connu pour son caractère difficile, quitte Apple après une lutte de pouvoir avec le directeur général John Sculley. Steve Wozniak quitte également l’entreprise.

Années 1990 La concurrence de Windows, système d’exploitation de Microsoft, et plusieurs échecs commerciaux mettent le groupe en difficultés financières. Il procède à des suppressions d’emploi et remanie l’équipe dirigeante.

Septembre 1997 L’action Apple chute à un plus bas historique, autour de 7 dollars alors que le groupe accumule d’énormes pertes. Steve Jobs reprend les rênes au moment où l’entreprise frôle la faillite. Microsoft aide Apple à survivre en investissant 150 millions de dollars.

Octobre 2001 Apple dévoile le lecteur mp3 iPod et ouvre ses premières boutiques en dur, les Apple Store.

Juin 2007 Lancement de l’iPhone, considéré depuis comme une révolution dans la téléphonie mobile. Le nom du groupe devient Apple seulement, après suppression du mot «computer» (ordinateur), les activités de l’entreprise dépassant largement le monde des ordinateurs.

Octobre 2011 Steve Jobs décède d’un cancer du pancréas, peu après avoir passé les rênes à Tim Cook.

Juillet 2018 Apple franchit la barre symbolique des 1000 milliards de dollars en bourse.

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