Excuses acceptées. Mardi, les médias chinois, ainsi que le Ministère des affaires étrangères, accueillaient positivement la lettre ouverte publiée par le directeur d’Apple. Lundi, Tim Cook a présenté ses «excuses sincères» à ses clients chinois, qui accusaient la firme américaine de discrimination. Jusqu’à présent, en Chine, lors de réparations d’iPhone ou de Mac, les pièces défectueuses étaient remplacées par des pièces elles-mêmes réparées. De plus, les clients de l’Empire du Milieu ­devaient payer environ 70 francs pour le remplacement de l’arrière du boîtier. Alors que dans d’autres pays, Apple utilise respectivement des pièces neuves et ne facture rien.

Si les soucis de service après-vente sont réglés en Chine, ils ne le sont pas en Suisse. Début janvier, la Fédération romande des consommateurs (FRC) accusait plusieurs revendeurs de produits Apple de ne pas respecter les durées légales de garantie. Aujour­d’hui, la FRC fustige toujours ­l’attitude d’Apple. «Dans ses conditions générales, la société fait croire que seule sa garantie constructeur d’un an est valable. Or, depuis le 1er janvier 2013, les revendeurs sont tenus d’assurer un service de garantie de deux ans. Si l’on ne connaît rien au droit et au langage juridique, on a l’impression que seule une année est assurée et que l’on doit acheter une extension de garantie auprès d’Apple», regrette Valérie Muster, juriste auprès de la FRC.

Contacté mardi, Apple affirme respecter scrupuleusement le droit suisse et assurer sa garantie de fabricant durant un an et de vendeur durant deux ans. Et ce au même titre que d’autres membres de Swico, l’association faîtière suisse de l’électronique, qui avait publié un communiqué en ce sens en janvier.

«Apple reste insensible au fait qu’elle risque de tromper le consommateur, poursuit Valérie Muster. Cette société entretient aussi la confusion entre les défauts constatés lors de l’achat et ceux observés après plusieurs mois, faisant mine de ne pas assumer les seconds.» Faux, répond Apple, qui affirme assumer totalement ses responsabilités.

La FRC regrette la mise sous pression des magasins revendeurs d’Apple, tenus par la société d’assumer eux-mêmes la seconde année de garantie. «Nous assurons auprès de nos clients deux ans de garantie, mais allons nous retourner auprès d’Apple pour des soucis dès le 13e mois, explique le responsable d’un revendeur. Mais nous ne savons pas quelle sera alors la réaction d’Apple pour des problèmes dès la seconde année, c’est encore très flou.» Apple ne souhaite pas communiquer sur ses arrangements avec les revendeurs, mais sous-entend qu’il peut y en avoir.

Apple dit respecter le droit et assurer les garanties d’un et deux ans, en tant que fabricant et vendeur