Plusieurs applications sur iPhone ou iPad permettent de prendre sa santé en charge: coaches médicaux, programmes permettant de vérifier son poids, sa vue, son hypertension, ses cycles de sommeil, etc. Certaines sont initiées par des hôpitaux ou des sociétés établis en Suisse romande.

Sanofi-Aventis, à Meyrin (GE), a lancé en octobre une nouvelle application destinée aux personnes diabétiques (iBGStar Diabetes Manager App). Celle-ci est couplée à un lecteur de glycémie, dénommé iBGStar. Il s’agit d’un petit appareil qui se branche à un iPhone ou un iPod touch. Au préalable, l’utilisateur aura mis en contact une bandelette avec son échantillon de sang obtenu grâce à un stylo autopiqueur. «L’iPhone ou l’iPod touch permet de fournir des statistiques sur la glycémie, d’introduire des données sur son alimentation ou son taux d’activité physique et de transmettre les données au médecin par courrier électronique, explique Dominique Durgnat, chef de produits liés au diabète chez Sanofi-Aventis. Cette application est gratuite. L’iBGStar peut également effectuer des mesures de glycémies indépendamment de sa connection à l’iPhone ou iPod Touch.»

ECG, via iPhone

D’autres services à vocation médicale ont été conçus en Suisse romande. Parmi elles, my144 lancée en printemps 2011 par les médecins urgentistes du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) Jocelyn Corniche, Patrick Schoettker et Paul Moix. Cette application permet d’appeler les secours. Après une mauvaise chute, le blessé ne connaît pas forcément l’endroit où il se trouve. En utilisant my144 et grâce au système de GPS intégré dans son téléphone, sa localisation sera transmise aux services de secours.

Cette application gratuite répertorie plus de 100 000 téléchargements. «Elle permet d’améliorer la vitesse de prise en charge de la personne en détresse, explique Jocelyn Corniche, chef de clinique en anesthésie au CHUV. Je cherche aujourd’hui du financement pour rendre ce service accessible depuis l’étranger.»

Jocelyn Corniche a créé la société MobileMed à Lausanne, start-up qui conçoit d’autres applications iPhone destinées aux médecins, à l’exemple de PediCalc. «Il suffit d’entrer le poids d’un enfant et le nom d’un médicament pour obtenir automatiquement le dosage correspondant. Une application très utile dans des situations de stress», explique Jocelyn Corniche. Le médecin a également conçu fast­ECG – disponible au prix de 5 francs. Toujours via iPhone, elle permet de transmettre des électrocardiogrammes de manière simple et sécurisée. «L’avantage principal par rapport à une télémétrie traditionnelle est que l’ECG peut-être consulté simultanément par plusieurs utilisateurs», explique le médecin urgentiste qui a également développé MediRate, une application permettant de calculer en quelques secondes une fréquence respiratoire ou cardiaque.

Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et la Faculté de médecine ont lancé, en avril 2011, l’application pour iPhone myViavac, disponible au prix de 1,10 franc. Elle permet de créer son propre carnet de vaccination avec l’aide d’un assistant électronique, de préciser ses besoins (par exemple pour un voyage) et de recevoir gratuitement une notification lorsqu’un rappel de vaccination devient nécessaire. «Cette innovation est née d’un constat simple: d’après plusieurs études, 30 à 40% des jeunes adultes ne sont pas à jour avec leurs vaccins», constatait, lors du lancement de l’application, Claire-Anne Siegrist, conceptrice de myViavac et médecin adjointe agrégée, responsable de l’unité d’immuno-vaccinologie des HUG.

L’application iHUG, disponible sur le web, sur un PC et sur tout smartphone, renseigne, quant à elle, sur l’ensemble des consultations de l’hôpital et les délais d’attente dans les urgences du Réseau genevois. Lors de la dernière journée de l’Innovation des HUG, Manuela Bertolini et Marco Carlo Rossi du Service d’addictologie ont annoncé vouloir lancer une application déterminant l’aptitude à conduire en cas de consommation d’alcool, médicaments ou stupéfiants. Du côté du CHUV, l’application AlcooQuizz permet déjà aux utilisateurs d’évaluer leur taux d’alcoolémie.