La plateforme Investiere allie les principes du capital-risque à ceux du financement participatif et des réseaux sociaux pour permettre à des start-up de lever des fonds. Julien Pache, directeur opérationnel, souligne l’intérêt d’élargir dès le départ le cercle des investisseurs.

Le Temps: Considérez-vous Investiere comme une forme revisitée du capital-risque ou en tant que site de financement participatif spécifiquement créé pour les start-up?

Julien Pache : Nous nous positionnons comme une société de capital-risque en ligne. Investiere apporte, d’une part, un processus de «due diligence» large et fouillé qui est au bénéfice de tous les investisseurs. D’autre part, nous amenons une valeur ajoutée à une start-up en lui permettant d’avoir une composition diversifiée de son capital. L’entrepreneur qui lève des fonds bénéficie à la fois du soutien financier de gros investisseurs – des institutionnels ou des grandes entreprises – ainsi que de l’expertise spécifique d’une industrie apportée par des investisseurs privés. La composante du financement participatif est ainsi importante. Nous sommes comparables à un réseau de «business angels». Mais notre approche est plus ouverte que les «clubs» de business angels traditionnels, afin de rassembler une expertise ciblée pour l’entrepreneur. Cette hétérogénéité d’investisseurs est absolument essentielle pour une plateforme de financement qui concentre son activité sur des start-up qui ont le potentiel d’avoir un impact durable sur l’économie.

– Quelle différence avec les autres plateformes de «crowdfunding»?

– Généralement, les plateformes de crowdfunding pures ne font que peu d’examen de «due diligence», ou aucun. Il est peut-être possible de négliger cet aspect pour financer des projets à but caritatif ou culturel, mais pas si l’on prétend à vouloir faire des investissements sérieux en capital-risque au stade précoce. Enfin, un investisseur privé chez nous place en moyenne des tranches de 25 000 francs, soit à peu près à la même moyenne que ce que les «business angels» investissent traditionnellement.

– Quel est le montant minimal à apporter et qui investit?

– Le minimum par investisseur est de 10 000 francs. En 2013, 37% des fonds levés sont venus des institutionnels et 63% des privés.

– Les sociétés que vous avez contribué à financer, comme iMusicians ou Dahu, doivent-elles néanmoins se tourner maintenant vers d’autres sociétés de capital-risque?

– Dans le cas d’iMusician et de Dahu, ces sociétés devront toutes deux lever des capitaux supplémentaires dans un futur proche pour maintenir et accélérer leurs ambitions de croissance. Nous sommes prêts à les soutenir dans les cycles de financement suivants mais elles sont bien sûr libres de choisir leurs futurs partenaires.