La pression sur la FIFA n’est plus seulement politique. Elle est désormais aussi commerciale et financière. Coca-cola, l’un des plus fidèles partenaires de la fédération, s’est déclaré «déçu» par la tournure qu’était en train de prendre l’enquête sur l’attribution des Coupes du monde 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar.

«Le conflit qui se dégage actuellement de cette investigation est décevant. Nous souhaitons que ce problème soit réglé rapidement, efficacement et de manière transparente», a déclaré dimanche dans le Sunday Times, un porte-parole de la marque de boissons, sponsor de la Coupe du monde depuis 1978.

Cet avertissement poli intervient alors qu’Adidas, un autre fidèle de la puissante organisation basée à Zurich, a déjà expliqué vouloir discuter de cette affaire avec la FIFA. McDonald’s a également récemment déclaré la «suivre de près». La compagnie d’aviation Emirates a, de son côté, annoncé début novembre ne pas vouloir poursuivre son partenariat après 2014. Et il se dit que Sony serait également hésitante à reconduire son programme de sponsoring.

Après que Michael Garcia, l’homme qui a mené l’enquête sur les soupçons de corruption, a contesté les résultats présentés par la FIFA, début novembre, le dossier passe désormais de main en main, à l’intérieur même de la fédération. Une plainte, que certains n’hésitent pas à considérer comme un écran de fumée, a également été déposée au Ministère public de la Confédération (MPC). Lequel doit encore analyser s’il est de son ressort de juger une telle affaire.

30% des recettes

Le réveil des grands sponsors de la FIFA ajoute en tout cas une nouvelle dimension à ce scandale présumé. A terme, la santé financière de la fédération, du moins sa capacité inégalée à faire débourser des millions de francs pour avoir le droit de s’associer à elle, pourrait finir par en pâtir. En 2013, ses recettes marketing ont atteint 413 millions de dollars. Soit 30% des 1,38 milliard de dollars de chiffre d’affaires annuel.

Un certain nombre de multinationales serait néanmoins prêt à remplacer celles qui renonceraient à associer leur image à la plus populaire des compétitions sportives. Parmi elles, Qatar Airways a déjà été cité à plusieurs reprises.