Brexit

Après le Brexit, les horlogers redoutent surtout des problèmes de change

Les exportations de montres suisses à destination du Royaume-Uni ne devraient pas directement pâtir du Brexit. Les horlogers s’inquiètent davantage des secousses sur la livre sterling et le franc

Ne pas paniquer. Et voir comment la situation évolue. Vendredi, quelques heures après l’annonce du Brexit, les exportateurs suisses tenaient tous ce même discours à propos de leur troisième plus grand partenaire économique – 13,1 milliards de francs d’exportations contre 31 milliards d’importations en 2015, selon l’administration fédérale des douanes. Les Suisses y expédient prioritairement leurs produits chimiques et pharmaceutiques (5,6 milliards) et leurs montres et bijoux (3,05 milliards).

«Ce Brexit, c’est un élément de plus dans une période déjà tendue», regrette le président de la Fédération horlogère (FH) Jean-Daniel Pasche. Car, à l’heure où les exportations de montres à destination de l’Asie ou des Etats-Unis s’affichent en recul, le Royaume-Uni apparaissait ces derniers mois comme une sorte d’oasis. Avec une hausse remarquée de 19% l’an dernier

Au-delà des exportations, les inquiétudes horlogères sont aujourd’hui surtout nourries par la pression qui s’accentue sur le franc. «C’est ce qui nous inquiète le plus. Comme lors de l’abandon du taux plancher, on se demande s’il faudra travailler sur les prix ou réduire les marges…», s’interroge Jean-Daniel Pasche.

«Tout est encore assez mystérieux…»

A l’image du patron du Swatch Group Nick Hayek, qui s’est contenté vendredi d’un «Wait and See» en guise de commentaire, les horlogers ont plutôt l’impression de plonger dans l’inconnu. «Les devises sont secouées et nous devrons peut-être faire évoluer nos prix. Mais au-delà de ça…?», s’interroge par exemple Philippe Léopold-Metzger, patron de Piaget.

Idem de l’autre côté de la manche. «C’est vraiment le taux de change qui peut nous pénaliser. Mais pour le reste, tout est pour l’heure assez mystérieux», explique par exemple Jérome Robert, le Chaux-de-Fonnier qui a lancé la marque londonienne Camden Watch en 2014.

«Je pense que les gens paniquent pour rien. La livre s’effondre, mais quoiqu’il arrive, tout le monde continuera de vouloir faire du commerce avec nous», renchérit David Brailsford. Le fondateur de Garrick Watches, qui équipe ses montres avec des mouvements suisses, est persuadé que cela ne changera rien à ses affaires. «Si la Suisse peut négocier si bien avec Bruxelles, pourquoi pas nous?»

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