Les recherches de la «task force» mise en place par la direction de Swiss, dirigée par Jorgan Ostram, directeur technique de la compagnie, commencent à porter leurs fruits. A la suite d'une série de pannes de ses avions – 240 vols annulés au mois de juillet –, Swiss a décidé d'en trouver les raisons.

Après avoir reconnu que les avions ne restaient pas suffisamment longtemps dans les mains des mécaniciens de la maintenance et que les charters étaient utilisés plus que la moyenne, la compagnie va remplacer 23 réacteurs sur lesquels des dépôts anormaux d'huile, produite par Mobil, ont été constatés. Ceux-ci ne s'éliminent pas normalement et risqueraient d'encrasser le moteur.

«Ces réacteurs devaient de toute manière être changés à la prochaine révision, nous allons seulement accélérer leur remplacement, assure Jean-Claude Donzel, porte-parole de la compagnie. Ce sont donc des frais déjà budgétisés mais nous n'en communiquons pas le prix.» Certains parlent de 3 millions par réacteur. «Tout est cher sur un avion», confirme un spécialiste de l'aéronautique, qui estime que ce montant est réaliste. La compagnie assure que cette mesure est préventive et ne concerne que la flotte des Jumbolino (ex-Crossair). Selon Swiss, cela ne signifie pas que la sécurité ait pu être compromise; il ne s'agirait que d'un problème technique.

Changement de lubrifiant

Sur recommandation du fabricant des réacteurs, le groupe américain Honeywell (qui a racheté en 1994 le moteur LF 507 de Textron-Lycoming), la compagnie a déjà changé d'huile. En comparant avec d'autres compagnies aériennes possédant le même type d'avions et n'ayant pas changé de lubrifiant, les membres de la «task force» ont pu débusquer cette anomalie parce qu'elle n'existait pas chez ses concurrents.

De son côté, Honeywell, qui recommandait d'utiliser l'huile 291 de Mobil, a publié une notice officielle à toutes les compagnies les avertissant de ce problème. «Nous avons donné de nouvelles instructions de maintenance», affirme Antoine Balas, porte-parole d'Honeywell Aerospace à Paris. En revanche, il ne confirme pas que Swiss soit en train de négocier avec le groupe sur les conséquences financières de ces avaries, qui pourraient être couvertes par une garantie ou une assurance.

Le nombre de vols annulés est certes déjà en diminution, mais 48 d'entre eux ont dû l'être il y a quinze jours, et 18 la semaine dernière.