On le sait, mais rien de tel qu’une pandémie pour nous le rappeler: certaines professions trop souvent dévalorisées sont essentielles au bon fonctionnement – voire à la survie – de notre société. Que ferait-on sans les bataillons de personnel de la santé, par exemple, qui, en Suisse et partout dans le monde, sont en première ligne pour lutter contre le coronavirus? Ce, dans des conditions parfois extrêmes, au péril de leur propre santé et de celle de leurs proches.

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Le personnel soignant est crucial, mais d’autres métiers ne le sont pas moins. Tout le secteur des services à la personne, que l’on appelle l’économie du care, apparaît indispensable: derrière les caisses des supermarchés, dans les crèches encore ouvertes, chez les particuliers ou encore pour assurer le nettoyage au sein des hôpitaux et dans les grandes surfaces, on ne peut se passer d’une foule de travailleurs et travailleuses, souvent de l’ombre, dont on fait pourtant peu de cas en temps «normal».

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Reflet d’inégalités

Aujourd’hui, alors qu’un nombre croissant de pays se confinent, que des milliers de milliards sont promis pour soutenir une économie mondiale paralysée, la situation est tout sauf habituelle. Et pourtant, sur un point au moins, rien n’est différent d’avant la crise, dans tous les pays. Car ces emplois n’ont pas seulement en commun d’être les plus exposés à la pandémie. Ils sont aussi le reflet criant d’inégalités qui perdurent: ils font partie des emplois les moins bien rémunérés, quand ils ne sont pas, à l’instar de la garde d’enfants ou du ménage, des emplois précaires et, dans beaucoup de cas encore, payés au noir.

Or ces emplois sont avant tout occupés par des femmes (en Suisse, 76% des infirmiers sont des infirmières, par exemple), car notre société considère qu’ils correspondent mieux à des pseudo-caractéristiques telles que le «don de soi» ou l’empathie, qu’elles partageraient. Il faudra se souvenir, quand la crise sera passée, que notre manque de considération pour ces métiers n’est pas normal.

Les applaudissements chaque soir à notre balcon, pour remercier une partie d’entre eux, c’est bien. Quand ils s’accompagneront d’une revalorisation sociétale pour tous, ce sera encore mieux.

 

 

 

 

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