C’est un nouveau revers pour UBS. La banque suisse a été inculpée pour blanchiment, fraude fiscale grave organisée, organisation criminelle et exercice illégal de la profession d’intermédiaire financier en Belgique. Dans un communiqué publié vendredi, le parquet belge relève qu’UBS avait démarché des clients belges, mais aussi français, et encouragé l’évasion fiscale en vue d’ouvrir des comptes offshore non-déclarés en Suisse.

Cette inculpation fait suite à plusieurs mois d’enquêtes menées par le juge Michel Claise, spécialisé dans les affaires financières. Il s’est saisi de ce cas en 2014 et ses investigations ont porté sur la période 2004-2014. Pendant dix ans, des représentants d’UBS auraient ciblé chefs d’entreprise, sportifs et bien sûr, diamantaires. Le juge d’instruction était entré en matière avec fracas en organisant une descente des lieux chez le suisse Marcel Bruehwiler, alors patron d’UBS Belgique. Inculpé de blanchiment et de fraude, ce dernier a depuis quitté le pays.

Selon une source proche du dossier, l’évasion fiscale porterait sur plusieurs milliards d’euros. Elle estime qu’après l’enquête et l’inculpation, l’étape suivante, c’est-à-dire le procès, avancera plus vite. Un certain nombre de clients ont déjà régularisé leur situation, ce qui devrait faciliter à établir les faits. En 2014, l’instruction avait démarré suite aux dénonciations faites par d’anciens d’employés d’UBS qui avaient quitté la banque ou avaient été licenciés.

UBS a ouvert sa première succursale belge à Bruxelles en 2002. Auparavant, les clients belges étaient traités directement depuis la centrale à Zurich. Un deuxième bureau a ouvert ses portes en 2006 à Anvers, capitale mondiale de l’industrie de diamants, puis un troisième en 2008 à Gand, cité médiévale où le revenu moyen des habitants est supérieur par rapport au reste du pays. UBS sponsorisait diverses manifestations sportives et culturelles pour s’approcher des clients.