Médias

Après avoir échoué à racheter «Bilan», Myret Zaki quitte la rédaction

La journaliste économique a mis fin à son contrat avec Tamedia. En fin d'année dernière, elle a envisagé de racheter le titre, mais l'éditeur zurichois a refusé

Myret Zaki va quitter le magazine économique Bilan. Selon une information du Temps, la rédactrice en chef a mis fin à son contrat avec l'éditeur zurichois Tamedia – propriétaire du bimensuel – ces jours et l'a annoncé à ses collaborateurs mardi. Elle devrait officiellement se retirer de la rédaction fin mai. Pour l'heure, la personne qui lui succédera n'a pas encore été nommée.

Contactée mercredi, la principale intéressée n'a pas souhaité commenter cette information. L'éditeur zurichois, lui, confirme et assure que le processus de nomination d'un successeur «est engagé».

Tentative de rachat

A l'interne, cette annonce a plutôt surpris la dizaine de journalistes qui compose la rédaction, ce d'autant que le titre connaîtra une année 2019 un peu particulière puisqu'il célèbre ses 30 ans. Toutefois, suite à la tentative de rachat du titre qui a échoué en fin d'année dernière, certains employés affirment qu'il s'agit là d'une «suite logique».

En effet, en novembre dernier, Myret Zaki a discrètement monté une opération pour racheter le titre à son éditeur. Selon nos informations, elle était financièrement appuyée par une grande banque de gestion. Et tous les journalistes de la rédaction ont été invités à participer à ce «management buy-out» (rachat par les cadres de l'entreprise). Malgré cela, Tamedia n'est pas entré en négociations. 

«Tamedia n'a jamais engagé un processus de vente du magazine Bilan», se contente de répondre le groupe zurichois lorsqu'on l'interroge sur cette proposition.

Cet échec n'est cependant que l'une des raisons qui expliquent le départ de la rédactrice en chef. «Elle a envie de passer à autre chose, d'écrire des livres, de prendre un peu de recul», disent certains membres de la rédaction. Au fil de sa carrière, elle a déjà rédigé plusieurs ouvrages économique tel que «UBS, les dessous d'un scandale» (Ed. Favre, 2008) ou «La fin du dollar» (Ed. Favre, 2011).

Lire aussi: Tamedia regroupe ses journaux romands à Lausanne

Titres romands décapités

Dans les titres romands de Tamedia, ce cas n'est pas isolé. Fin 2017, le rédacteur en chef de 24 Heures, Thierry Meyer, quittait le métier pour rejoindre une agence de communication. Six mois plus tard, c'était au tour de Grégoire Nappey de partir de l'entreprise suite à l'arrêt de la version papier du journal Le Matin, qu'il pilotait. En août 2018, le rédacteur en chef de La Tribune de Genève Pierre Ruetschi annonçait sa démission. 

Lire aussi: Le Matin réfléchit à son avenir sans papier (22.05.2018)

En fin de compte, sur l'ensemble des titres romands de Tamedia, Ariane Dayer est donc la seule responsable à avoir conservé son titre de rédactrice en chef (Le Matin Dimanche). Depuis le 1er janvier 2018, elle pilote la grande rédaction T, basée à Lausanne, qui nourrit les différents titres du groupe à l'exception de Bilan. Toutefois, selon des sources internes, cette relative indépendance semble depuis quelque mois être de plus en plus remise en cause.

Passage par «Le Temps»

Née au Caire, Myret Zaki a réalisé l'essentiel de sa carrière en Suisse romande. Engagée d'abord dans la banque privée Lombard Odier, elle a ensuite bifurqué vers le journalisme en intégrant la rédaction du Temps. Elle y écrira notamment dans les pages économiques de 2001 à 2009.

En janvier 2010, elle a mis le cap sur le magazine économique Bilan, dont elle reprendra la rédaction en chef en 2014. Elle y remplace Stéphane Benoit-Godet, aujourd'hui rédacteur en chef du Temps.

Publicité