Microsoft a gagné une importante bataille en évitant, le 28 juin 2001 par décision judiciaire, son démantèlement en deux sociétés. Accusée d'abus de position dominante en obligeant fournisseurs d'ordinateurs et consommateurs à intégrer d'office et de manière indissociable la plateforme d'exploitation Windows et le navigateur Internet Explorer, Microsoft a pu continuer à exercer l'ensemble de ses activités sous un même toit.

Vendredi, la société basée à Redmond près de Seattle, qui a annoncé une progression de 26% de son bénéfice, et de 40% de ses ventes à fin septembre, a remporté une seconde victoire juridique majeure (Le Temps du 2 novembre). En scellant l'accord à l'amiable passé avec le Département américain de la justice il y a un an, la juge Colleen Kollar-Kotelly permet à l'entreprise de Bill Gates de préserver l'essentiel de ses méthodes d'intégration des logiciels, donc certains secrets de fabrication qui auraient certes permis de mieux intégrer des systèmes concurrents, mais aussi favorisé les copies. Microsoft n'est ainsi pas près de perdre sa situation de monopole sur un marché estimé à 285 milliards de dollars (416,1 milliards de francs).

L'accord, entériné par la juge malgré l'opposition de neuf Etats américains, dont la Californie, exige simplement de Microsoft la fourniture, plusieurs mois à l'avance, de quelques indications techniques qui permettront aux produits concurrents de mieux fonctionner avec la platef-orme Windows.

Une alternative

Le multipack Microsoft, apparemment gratuit pour le consommateur, formé de Windows, du navigateur Explorer, du logiciel son et vidéo Media Player et de la messagerie Outlook Express, devrait véritablement devenir une alternative. Microsoft devra mettre une vingtaine de fabricants d'ordinateurs sur pied d'égalité et résilier les accords d'exclusivité.

«Il s'agit d'une colossale défaite des adversaires du monopole», juge le Financial Times. Mais la bataille n'est pas terminée. La Commission de la concurrence de l'Union européenne rendra un jugement préliminaire avant la fin de l'année. De plus, l'accord règle la concurrence future mais il ne résout pas le passé, principalement les litiges judiciaires en cours portant sur des centaines de millions de dollars dus à la position dominante de Microsoft durant une dizaine d'années.