Les quelque 1000 milliards d'euros débloqués lundi pour sauver les banques européennes n'auront pas fait rebondir les bourses longtemps. Deux séances. Mercredi, elles sont toutes reparties dans le rouge vif.

Sur le front de la crise de liquidité, les marchés monétaires se détendent pourtant, à l'exception notable de celui en franc suisse. La Banque nationale a répliqué en annonçant hier de nouvelles interventions, en coopération avec la Banque centrale européenne (BCE).

Plan de relance

Les places de Zurich (-5,6%), Londres (-7,2%) ou encore Francfort (-6,5%) ont en fait réagi à l'accumulation de mauvaises nouvelles du côté de l'économie réelle. Mardi, l'Allemagne, premier client de la Suisse, avait annoncé s'attendre à une croissance zéro en 2009. Hier matin, Paris a rendu publiques ses craintes d'une «panne» de son économie l'an prochain, alors qu'à Rome la Banque d'Italie annonçait une contraction de la consommation, et une hausse du produit intérieur brut de seulement 0,4% en 2008 et 2009.

Dans l'après-midi, des statistiques américaines sont venues encore assombrir ce tableau. Les ventes de détail ont davantage reculé (-1,2%) en septembre par rapport à août. Il s'agit du plus fort recul en trois ans. Ces chiffres ont renforcé les propos tenus la veille par la présidente de la Réserve fédérale de San Francisco. Janet Yellen avait pour la première fois admis que l'économie américaine semblait «en récession». Autant d'annonces qui peuvent expliquer pourquoi les bourses ont ignoré les bons résultats d'entreprises, comme Coca-Cola et Morgan Stanley, publiés hier. Le Dow Jones a ainsi terminé en baisse de 7,87%

Mercredi encore, le président de la Réserve fédérale a averti que la «reprise de l'économie américaine n'est pas pour tout de suite». Devant le club économique de New York, Ben Bernanke a rappelé qu'il faut attendre que les marchés financiers se stabilisent. «Beaucoup reste à faire», a-t-il indiqué. Aux milliards injectés dans les banques pourrait s'ajouter un plan de relance. Les candidats à la présidence en débattent, sans toutefois tenir compte du déficit de croissance des finances publiques américaines.

De leur côté, les pays membres de l'Union européenne s'activaient hier soir à Bruxelles pour venir au secours de la finance mondiale. Ils appellent à une refonte du système monétaire international, dont ils parleront avec les Etats-Unis samedi. Une initiative qui vise aussi à répondre à leurs craintes face à la récession.