La fête, ou la fiesta, est finie. Il ne reste plus rien du fameux gâteau budgétaire espagnol, qui faisait pâlir d'envie la plupart des économies européennes. Après avoir bénéficié d'un confortable excédent budgétaire depuis 2005, les comptes publics sont dans le rouge: moins 4,7 milliards d'euros au cours du premier semestre 2008, soit presque un demi-point du PIB.

Une véritable gifle pour un pays qui, depuis le premier gouvernement Aznar (conservateur), en 1996, s'était fait un champion de l'austérité et de la rigueur budgétaires. Mais le fisc ne résiste pas à l'impact de la baisse de l'activité économique (due surtout à la crise immobilière) et la hausse du prix du pétrole. Le déficit est aussi lié à la politique dépensière du gouvernement socialiste, qui milite pour une relance par la consommation et qui, avant les législatives de mars, s'était lancée dans une série de mesures électoralistes s'avérant très coûteuses. Parmi elles, la forte baisse de l'impôt sur les sociétés et le «chèque-bébé», c'est-à-dire une enveloppe de 2500 euros pour tout enfant né depuis juillet 2007.

Une remise de 400 euros

D'ici peu, en outre, le Ministère des finances devra satisfaire une autre promesse: la remise de 400 euros pour l'immense majorité des contribuables, salariés, retraités et travailleurs indépendants. Cette manne, promise par Zapatero peu avant les élections de mars, coûtera 3 milliards d'euros à l'Etat.

Deux consolations, tout de même, pour le fisc: même si son rythme se ralentit, l'emploi continue de progresser; surtout, le bilan chiffré de la sécurité sociale est largement excédentaire, notamment grâce à l'apport des immigrés. Et devrait permettre d'amortir les pertes budgétaires.