Le contrat de mariage entre les compagnies aériennes British Airways (BA) et Iberia reprend les termes du protocole d’accord conclu par les deux compagnies aériennes en novembre dernier. Comme prévu, la fusion se fera par échange d’actions, et donnera environ 55% du capital du nouvel ensemble aux actionnaires de BA, contre 45% à ceux d’Iberia, reflétant leurs poids boursiers respectifs. Les deux compagnies ont trouvé un nom de baptême pour la future holding qui les chapeautera, «International Airlines Group».

Une alliance qui pourrait en annoncer d’autres

Le nom, très générique, prépare un futur élargissement à d’autres compagnies, ont indiqué BA et Iberia. Les analystes remarquent qu’elles sont déjà en train d’opérer un rapprochement commercial avec l’américaine American Airlines. Concrètement, les deux compagnies continueront d’opérer de manière autonome et sous leurs marques existantes. Cependant, en mettant leurs moyens en commun, elles espèrent dégager 400 millions d’euros d’économies annuelles au bout de cinq ans.

De quoi aider Iberia et BA à surmonter la pire crise de l’histoire du transport aérien. Cette crise a poussé de nombreuses compagnies à la faillite - y compris la première compagnie japonaise Japan Airlines - et accélère les rapprochements. Selon des médias américains, US Airways et United Airlines pourraient ainsi convoler prochainement.

«C’est un pas important vers la création d’une des plus grandes compagnies aériennes mondiales, qui sera mieux outillée pour concurrencer les autres principales compagnies, et participer à une consolidation future du secteur», a souligné le président d’Iberia et futur président du nouveau groupe Antonio Vasquez.

Le directeur général de BA, Willie Walsh, qui pilotera le nouveau groupe, a quant à lui vanté le potentiel de croissance généré par la combinaison de leurs réseaux très complémentaires. BA est très présente en Amérique du Nord (notamment New York) et en Asie, Iberia en Amérique du sud.

Deuxième plus grand groupe européen

Le nouvel ensemble devrait se hisser au second rang en Europe, en termes de valeur boursière, juste derrière la compagnie allemande Lufthansa et devant Air France-KLM. Il disposera de plus de 400 appareils desservant 200 destinations et transportant près de 60 millions de passagers par an.

Les deux groupes espèrent boucler leur fusion à la fin de l’année, une fois surmontés tous les obstacles réglementaires : la fusion nécessite le feu vert des actionnaires des deux entreprises (qui se prononceront lors d’assemblées générales prévues en novembre), et le blanc-seing des autorités de la concurrence.

Virgin Atlantic, ennemie intime de BA, ne cesse de plaider que cette fusion se ferait aux dépens des consommateurs.

Enfin, Iberia s’est réservé la possibilité d’annuler le mariage si la question cruciale du déficit abyssal du fonds de retraite de BA, en cours de règlement, ne trouvait pas une issue satisfaisante.

Les analystes ont salué la signature de cet accord, qui intervient avec une semaine de retard (elle était attendue initialement d’ici la fin mars). «Se rapprocher de la fusion avec Iberia ne pouvait pas intervenir à un meilleur moment pour BA», qui vient de subir la première grève de son personnel navigant en13 ans, et «les économies à long terme pourraient être importantes et conforter son avenir», a commenté Manoj Ladwa, courtier chez ETX Capital.

De son côté, le syndicat Unite a admis la nécessité de cette fusion, «vu le climat économique difficile», mais a répété qu’elle ne devait pas se faire sur le dos des employés. Le syndicat a demandé à être impliqué dans le processus de rapprochement.