Cuisiner au gaz va coûter plus cher à Genève. «Une hausse de prix de 13 à 15% est prévue dès le 1er janvier prochain», confirme Pascal Abbet, directeur des services du gaz aux SIG. L'envolée des cours du pétrole aura finalement eu un impact sur la petite flamme bleue. Les ménages et les petits industriels genevois verront leurs factures grimper. «Les gros industriels ne sont pas concernés car ils ont signé d'autres types de contrats», précise le directeur.

La cité du bout du lac n'est pas la seule touchée. Certains distributeurs ont déjà rehaussé leurs tarifs. C'est le cas des Services industriels de Lausanne (SIL). Ils confirment avoir augmenté le prix du gaz de 10% au 1er octobre. La situation est similaire à Neuchâtel. Isabelle Davoli, responsable de la facturation aux SI neuchâtelois, livre les nouveaux tarifs: «Le prix plafond pour les grandes quantités de gaz a été augmenté de 4,94 centimes le kWh à 5,25 centimes. Le tarif pour les particuliers est passé de 6,06 à 6,8 centimes le kWh.» La hausse se monte donc à un peu plus de 12% pour les ménages.

Le prix du gaz va également monter en Valais. A l'image de Genève, ils seront rehaussés en janvier prochain. Cette hausse concernera uniquement le gaz à destination des particuliers. Son prix grimpera d'environ 26% et passera de 3,8 à 4,8 centimes le kWh. En revanche, le tarif pour les industriels (ndlr: courant interruptif pour les usagés utilisant en parallèle une seconde source d'énergie) restera inchangé à 4 centimes par kWh.

La différence de prix entre les gaz valaisan et neuchâtelois semble particulièrement élevée. Philippe Petitpierre, directeur de la Compagnie industrielle et commerciale du gaz de Vevey, donne une explication: «Les prix varient sensiblement s'ils s'entendent avec ou sans certains frais, par exemple de raccordement. Les comparaisons ne sont pas évidentes d'un canton à l'autre. C'est surtout la variation en pour cent qu'il faut prendre en compte.»

Le prix du gaz est globalement indexé sur celui du pétrole. «Les deux produits proviennent des mêmes zones géographiques et sont extraits par les mêmes opérateurs, relève Philippe Petitpierre. Lorsque le cours du brut monte, les compagnies peuvent se permettre de vendre le gaz plus cher.»

Le pari reste gagnant

L'envolée des tarifs gaziers survient au moment où le cours du brut se détend. Ce dernier a abandonné 15% depuis fin octobre. Etonnant? Pas vraiment. «Les prix sont fixés sur la base de grands contrats à échéance de 3, 6 et 9 mois, explique Pascal Abbet, le directeur des SIG. Les hausses de tarifs sont donc la conséquence du renchérissement observé depuis le début de l'année.» Par conséquent, l'impact du récent recul du prix du pétrole sera perceptible d'ici 6 à 9 mois, «pour autant qu'il se poursuive, ce qui n'est pas le cas ces derniers jours».

On voit que les deux énergies ne sont pas déconnectées en termes de prix. Mais l'indexation reste limitée. Le gaz a aussi sa propre vie. «Il devient plus compétitif à mesure que grimpe le prix du pétrole», note le directeur veveysan. Les particuliers ou entreprises qui ont fait le pari du gaz ces dernières années restent gagnants malgré les hausses actuelles. L'exemple qu'il donne est édifiant: l'explosion de 20 à 50 dollars du cours du pétrole enregistrée depuis deux ans aura provoqué un renchérissement de seulement 25% du prix du gaz. Et le spécialiste d'enfoncer le clou: «J'ai rempli une vieille citerne à mazout en juillet au prix de 40 francs les 100 kilos. Il m'en a coûté 72 francs en octobre.»

Les distributeurs helvètes se sont regroupés pour créer Swiss Gas et acheter le combustible à meilleur coût. «Une association logique, la consommation suisse représentant seulement 1% du marché européen, souligne Pascal Abbet. Nous sommes ainsi en meilleure position pour négocier avec nos fournisseurs que sont Gaz de France ou l'allemand Ruhrgas.»