«Saia-Burgess a réalisé une excellente année 2000.» Les chiffres, présentés mardi à Zurich par l'entreprise de Morat, confirment ces propos d'Andreas Ocskay, COB du groupe spécialisé dans l'électronique industrielle. Le chiffre d'affaires a progressé de 17,7%, à 382,7 millions de francs, renforçant une moyenne de 13% sur cinq ans. Le bénéfice net progresse de 23%, à 26,7 millions, alors que le résultat d'exploitation atteint 39,2 millions (+20,5%).

Les perspectives pour l'année en cours sont bonnes selon Daniel Hirschi. En dépit de la forte crainte de stagnation économique aux Etats-Unis, un marché sur lequel l'entreprise devrait désormais réaliser 25% de son chiffre d'affaires, contre 9,3% en l'an 2000, le CEO n'a pas revu à la baisse ses prévisions. Le chiffre d'affaires devrait dépasser la barre des 500 millions de francs, et le bénéfice atteindre «une croissance à deux chiffres».

Acquisition de 95 millions

Optimisme exagéré, après l'acquisition à la fin de l'année dernière, pour 95 millions de francs, de l'entreprise américaine Ledex et Dormeyer, spécialisée dans la fabrication d'électroaimants linéaires et rotatifs, et de divers appareils, notamment des machines à trier le courrier (Le Temps du 28 décembre 2000)? «Nous ne réalisons que 10 à 15 millions de francs sur le marché automobile nord-américain, susceptible de souffrir de la stagnation économique, précise Daniel Hirschi. Il faudrait dès lors une grave détérioration du climat économique, incitant nos clients à repousser le lancement de nouveaux produits, pour que Saia-Burgess ne puisse pas atteindre ses objectifs de croissance.»

Les analystes financiers confirment cet optimisme en estimant le chiffre d'affaires 2001, entre 532 et 509 millions. «Saia-Burgess dispose d'un bon mélange de produits diversifiés, note Patrick Huber, analyste de la Banque Pictet. En outre, les gros clients de Saia-Burgess dans le secteur automobile sont européens. Cela limite fortement le risque. Les prévisions de l'entreprise ne sont donc pas du tout exagérées, mais il sera difficile de convaincre les investisseurs que la croissance de Saia-Burgess peut être sans limite.»

Reprise par ses cadres en 1996, Saia-Burgess est en excellente santé financière. Ses techniques de pointe mariant électronique et mécanique sont notamment utilisées pour la fabrication de micromoteurs ou d'interrupteurs intégrés dans des appareils ménagers, des installations de chauffage ou la climatisation des automobiles. L'entreprise de Morat escompte un fort développement de ce secteur. La proportion de voitures européennes climatisées devrait passer de 61 à 75% à l'horizon 2005. Les usines du groupe, réparties dans une dizaine de pays dont la Hongrie, la Chine, l'Allemagne et la Suisse, intègrent des processus de production entièrement différents, de l'automatisation complète à Morat, à la manufacture en Hongrie ou en Tunisie. Une forte délocalisation s'est concentrée sur la Hongrie, où une usine, rachetée en 1998, a été agrandie. «Elle occupait 70 personnes mais il y avait du travail pour 20 personnes seulement. Aujourd'hui elle fournit 300 emplois», indique Daniel Hirschi, l'un des ingénieurs devenu copropriétaire, en 1996, de l'entreprise helvético-britannique qui l'employait.

Période de «digestion»

L'année 2000, marquée par l'acquisition de trois entreprises dont Ledex et Dormeyer (400 emplois), sera suivie d'une période de «digestion». L'un des objectifs 2001 consiste à réduire la dette nette (41,9 millions, en hausse de 6,8 millions par rapport à 1999) à 32% de la somme du bilan, ce qui représente un amortissement de quelque 10 millions.